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Georges MARTIN

Georges MARTIN

SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

Georges Martin, professeur émérite, dirige actuellement les thèses suivantes:

Lucie ARRIGHI, Les relations corso-hispaniques à travers l'historiographie corse des XVe-XVIe siècle
Olivier BOSSEAU, Communautés juives de l'Espagne médiévale. L’identité dans l’histoire : politique, religion et nation dans l’Espagne des Xe-XIIIe siècle
Mélanie JECKER, La notion de prudence dans la pensée castillane médiévale et moderne (1252-1598)

 

oui
Hélène THIEULIN-PARDO

Hélène THIEULIN-PARDO

SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

Littérature et civilisation de l’Espagne médiévale, histoire des mentalités, édition de sources.

Actuellement, en co-direction avec Corinne Mencé-Caster :

Mary Catherine Dillon-Lavissière : Recherches sur l’emploi des formes subjonctives dans les textes juridiques espagnols du Moyen Âge à nos jours

oui

Séminaire SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

Le séminaire « Moyen Âge espagnol », créé et dirigé jusqu’en 2014 par le Professeur Georges Martin (PR, Université Paris-Sorbonne, SEMH-Sorbonne), se réunit de façon hebdomadaire de novembre à mai au Collège d’Espagne (Cité universitaire, Paris), les lundis de 14h à 17h. Il est actuellement animé conjointement par Hélène Thieulin-Pardo (PR, Université Paris-Sorbonne, SEMH-Sorbonne), Jean-Pierre Jardin (PR, Université Sorbonne Nouvelle–Paris 3), Alexandra Oddo (PR, Université Paris Ouest Nanterre La Défense) et Patricia Rochwert-Zuili (PR, Université d’Artois).

Les thématiques abordées au cours du séminaire portent sur l’histoire culturelle et politique de l’Espagne médiévale : légitimité et affirmation du pouvoir en Castille aux XIIIe et XIVe siècles, canaux de diffusion des idées politiques dans la Castille des Trastamare, pouvoir des femmes en péninsule Ibérique, langue et littérature exemplaire. Le séminaire accueille régulièrement des conférenciers internationaux dont les travaux portent sur la péninsule Ibérique médiévale.

Une partie des séances du séminaire est consacrée au travail collectif de traduction savante de la Deuxième partie, code et traité politique du roi de Castille Alphonse X le Sage (1252-1284), publiée en ligne [Les Livres d’e-Spania ( coll. Travaux en cours, 1)], ainsi qu’à la confection d’un Lexique castillan/français de la Deuxième Partie d’Alphonse X le Sage [Les Livres d’e-Spania (coll. Travaux en cours, 2)].

 

programme_medieval_2012-2013.pdf 

Voir les Sessions

Histoire, droit, politique sous les Trastamares

02 / 11 / 2015
Colegio de España
Jean-Pierre Jardin

Histoire, droit, politique sous les Trastamares

25 / 02 / 2016
Colegio de España
Jean-Pierre Jardin

Histoire, droit, politique sous les Trastamares

18 / 01 / 2016
Colegio de España
Jean-Pierre Jardin

Histoire, droit, politique sous les Trastamares

15 / 02 / 2016
Colegio de España
Jean-Pierre Jardin

Histoire, droit, politique sous les Trastamares

04 / 04 / 2016
Colegio de España
Jean-Pierre Jardin

Langue et littérature espagnoles médiévales

09 / 11 / 2015
Colegio de España
Alexandra Oddo

Langue et littérature espagnoles médiévales

07 / 12 / 2015
Colegio de España
Alexandra Oddo

Langue et littérature espagnoles médiévales

25 / 02 / 2016
Colegio de España
Alexandra Oddo

Langue et littérature espagnoles médiévales

07 / 03 / 2016
Colegio de España
Alexandra Oddo

Langue et littérature espagnoles médiévales

02 / 05 / 2016
Colegio de España
Alexandra Oddo

Légitimité et affirmation du pouvoir royal en Castille aux XIIIe et XIVe siècles. El Molinismo

16 / 11 / 2015
Colegio de España
Patricia Rochwert-Zuili

Légitimité et affirmation du pouvoir royal en Castille aux XIIIe et XIVe siècles. El Molinismo

14 / 12 / 2015
Colegio de España
Patricia Rochwert-Zuili

Légitimité et affirmation du pouvoir royal en Castille aux XIIIe et XIVe siècles. El Molinismo

01 / 02 / 2016
Colegio de España
Patricia Rochwert-Zuili

Légitimité et affirmation du pouvoir royal en Castille aux XIIIe et XIVe siècles. El Molinismo

14 / 03 / 2016
Colegio de España
Patricia Rochwert-Zuili

Légitimité et affirmation du pouvoir royal en Castille aux XIIIe et XIVe siècles. El Molinismo

09 / 05 / 2016
Colegio de España
Patricia Rochwert-Zuili
Hélène Thieulin-Pardo

Histoire culturelle de l'Espagne médiévale

25 / 02 / 2016
Colegio de España
Hélène Thieulin-Pardo

Histoire culturelle de l'Espagne médiévale

11 / 01 / 2016
Colegio de España
Hélène Thieulin-Pardo

Histoire culturelle de l'Espagne médiévale

08 / 02 / 2016
Colegio de España
Hélène Thieulin-Pardo

Histoire culturelle de l'Espagne médiévale

21 / 03 / 2016
Colegio de España
Hélène Thieulin-Pardo
SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

Les relations corso-hispaniques à travers l’historiographie des XVe et XVIe siècles

Lucie Arrighi
Georges Martin
SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

Une opinion largement répandue parmi les historiens au sujet de la Corse consiste, au vu de la longue domination génoise (1195-1768), à subsumer les fondations de l’île sous la sphère d’influence de la cité ligure. Or, cette théorie ne rend pas compte de la complexité des événements, car la Corse revenait de plein droit à la Couronne d’Aragon depuis la donation pontificale de 1297. Gênes et l’Aragon entrèrent alors en guerre pour plusieurs siècles. Ce faisant, le conflit engendra un combat idéologique, opposant monarchistes et républicains, dans lequel s’enrôlèrent les historiographes espagnols, italiens, français et pontificaux jusqu’à la fin du XVIe siècle afin de fonder leur légitimité en Corse. L’historiographie revêt ainsi une importance capitale dans l’étude des relations corso-hispaniques, car elle contredit la légitimité de Gênes et l’exclusivité de ses influences dans l’île. En effet, en étudiant sous l’aspect d’une guerre historiographique l’Histoire de Corse des XVe et XVIe siècles, j’ai découvert que celle-ci a pour fondement des sources hispaniques porteuses d’une propagande politique visant à favoriser la noblesse corse pro-aragonaise qui combattait dans l’île la République de Gênes. Cependant, les médiévistes et les modernistes relient l’historiographie corse à Gênes. Ceux-ci ont confondu l’historiographie du XVe siècle avec celle du XVIe, manipulée et éditée en 1594 par le Corse Filippini pour que l’Historia di Corsica suive le parti de la cause génoise. On a ainsi déconsidéré la force politique des Histoires de Corse et ses auteurs: loin d’être de simples témoins de leur temps, Giovanni della Grossa, Cirneo, Monteggiani, Ceccaldi et Filippini furent avant tout des acteurs soumis aux tensions de leur temps. Pour saisir le processus d’évolution qui s’est opéré dans l’Histoire de Corse jusqu’à sa première édition en 1594, j’effectue une comparaison philologique des manuscrits de l’œuvre conservés en France, en Italie et en Espagne. Aussi, mon travail implique-t-il une étude des archives italiennes et ibériques pour déceler les enjeux politiques et culturels des XVe et XVIe siècles qui influèrent sur l’élaboration progressive de cette Histoire dont les relations corso-hispaniques constituent la clé.

Communautés juives d'Espagne médiévale. Monarchie et structures de pouvoir

Olivier Bosseau
Georges Martin
SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

Si Marcel Pagnol a raison et que « tous les manuels d'histoire du monde n'ont jamais été que des livrets de propagande au service des gouvernements » (La Gloire de Mon Père), il reste à comprendre le rôle de l’écriture de l’histoire dans une communauté sans gouvernement au sens d’indépendance politique. Le cas des Juifs au Moyen Âge en Andalousie permet de reconsidérer la perception qu’ils avaient d’eux-mêmes par cette réécriture de l’histoire biblique et rabbinique. L’idée est que la religion juive est fondamentalement organique, la Bible et le Talmud étant en quelque sorte le génome (le temps long), les Juifs les systèmes biochimiques de la lecture de l’ADN et les communautés données dans l’histoire, l’environnement. On peut dresser une véritable analogie avec l’histoire des Juifs à travers le temps car l’épigénétique permet de dire que la transmission de la Bible et le Talmud, ADN dans cette vision, pourra se faire par des interprétations ne changeant pas l’information génétique : autrement dit, la façon de lire l’information (rabbinique par exemple, cas majoritaire) pourra se transmettre sans altération des textes. Par ailleurs, plus l’environnement sera riche, plus les interactions seront nombreuses, ce qui explique le déploiement de la civilisation juive dans l’Espagne andalouse. Penser la civilisation juive andalouse revient ainsi à penser comment la Bible et le Talmud ont pu s’exprimer avec autant de profondeur et de modalités en Andalousie. En partant d’une analyse théologico-historique puis historiographique, il est possible de saisir la singularité de l’environnement andalou dans l’affirmation identitaire juif : nation de rois et de prêtres, les Juifs d’Andalousie ont pu déployer un échafaudage important de pensée, de sciences et d’art, une expression entière de ce qu’est une nation dans un monde islamique politico-religieux, à opposer au monde théologique et politique chrétien. L’Islam andalou a permis par son histoire singulière de créer un environnement – Sfarad – permettant d’imaginer le plein épanouissement des Juifs (Xe-XIIe) avant que le monde théologique et politique chrétien (Jacques Ier et surtout Alphonse X) ne recentrent l’eschatologie sur Jérusalem (Nahmanide).

Recherches sur l’emploi des formes subjonctives dans les textes juridiques espagnols du Moyen Âge à nos jours

Mary Dillon-Lavissière
Corinne Mencé-Caster, Hèlène Thieulin Pardo
SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

Si un grand nombre de grammairiens et de linguistes argumentent que la forme en -re, cantare, a disparu de l’espagnol actuel, ils remarquent qu’elle est toujours observée dans des textes spécialisés, notamment ceux qui appartiennent à la littérature juridique. Leur explication de cette présence marginale repose souvent sur la qualification de la forme en -re comme élément archaïsant d’un genre lui-même conservateur. Cependant, au lieu de voir cette forme comme un simple archaïsme, retenu pour sa forme mais non pas pour son contenu, nous la voyons comme un élément qui a été et qui est particulièrement utile pour la communauté de sujets parlants qui manipulent la littérature juridique.

Dans le cadre de la linguistique guillaumienne et plus spécifiquement de la linguistique du signifiant, cette thèse observe donc l’évolution de la forme en -re dans les protases des hypothèses en si et son alternance avec le présent de l’indicatif, canta, la forme en -se, cantase et la forme en -ra, cantara. La structure syntaxique de l’hypothèse en si a été choisie car elle a été la scène de nombreuses évolutions dans le système subjonctif. Les formes en -se, -ra et le présent de l’indicatif ont été choisis car ils font partie intégrante de la question de la disparition de la forme en -re : ils sont réputés l’avoir remplacée dans la morphosyntaxe étudiée ici. Notre corpus consiste en des textes légaux majeurs qui datent du Moyen Âge à nos jours.

Nos analyses montrent que la forme en -re a été utilisée comme outil rhétorique et comme outil de cohérence. Au Moyen Âge, le juriste utilisait la forme en re au lieu du présent de l’indicatif quand il souhaitait représenter un événement comme temporaire, dépendant ou exceptionnel. Il s’agit des applications de la loi et non pas la loi comme règle éternelle. Il choisissait le présent de l’indicatif quand il souhaitait représenter la « norme ». Dans ce sens la forme en -re fonctionne comme outil rhétorique. Dans les Constitutions modernes, surtout de l’Amérique latine, la forme en -re alterne avec la forme en -se. Ces alternances ont lieu dans les processus complexes, tel que la ratification d’un projet de loi. Dans ces cas, la forme en -re peut avoir une fonction déictique – de faire progresser l’événement en avant dans le temps – ou une fonction de cohérence de texte, de signaler la fin d’une étape dans un événement complexe. Le maintien de la forme en -re par les juristes dans la littérature juridique ne peut pas être réduite au caractère archaïsant de la forme ni au conservatisme du genre, mais plutôt à la nature complexe du discours juridique qui trouve toujours une utilité dans le signifié de la forme en -re.

La notion de prudence dans la pensée castillane médiévale et moderne (XIIIe-XVIe siècle). Du roi Sage au roi Prudent ?

Mélanie Jecker
Georges Martin
SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

Mes recherches portent sur la notion de prudence dans la pensée castillane médiévale et moderne, depuis le début du règne d'Alphonse X de Castille, dit « le roi Sage », en 1252, jusqu'à la mort de Philippe II, dit « le Prudent », en 1598. Le choix d'une période longue m'a permis d'analyser dans toute sa complexité le processus de réception et d'adaptation des doctrines classiques sur la prudence par les traducteurs, commentateurs et penseurs politiques castillans. J'ai tâché de déterminer comment ce concept défini dans les textes de l'Antiquité grecque et latine a nourri leur réflexion sur la double nature, rationnelle et politique, de l'homme : la prudence est en effet la vertu intellectuelle qui définit l'homme comme animal politique, et plus particulièrement, chez Aristote, le gouvernant et le législateur. La transmission, fidèle ou non, de la doctrine aristotélicienne des vertus intellectuelles en général, et de la prudence en particulier, se révèle le lieu d'un affrontement entre deux paradigmes royaux dans la Castille d'alors : face au modèle d'un roi sage (sapiens, sabio) disposant d'un pouvoir absolu, que les monarques successifs s'attachent à maintenir tout au long de la période, la haute noblesse et les maîtres ès arts salmantins posent l'image d'un roi simplement prudent au sens où l'entend Aristote, c'est-à-dire faillible, pour mieux l'inviter à gouverner en s'appuyant sur les élites de son royaume.

Le mythe néo-visigothique dans la culture historique de l’Espagne médiévale (XIIe-XIIIe siècles)

Gaël Le Morvan de Villeneuve
Georges Martin
SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

Thèse soutenue le 29 juin 2013

Mon travail de recherche porte sur les origines des royaumes de León et de Castille dans la culture historique de l’Espagne médiévale des XIIe-XIIe siècles. Il s’agit de saisir les fondements politiques de ces royaumes par l’analyse philologique d’un mythe fondateur qui a émergé et s’est construit au sein de la production historiographique du Nord péninsulaire : le mythe néo-wisigothique. Mythe de fondation, cette représentation historique soutient la thèse d’une continuité entre le royaume wisigothique de Tolède et les royaumes léonais et castillan. À l’occasion du récit des règnes de Witiza et de Rodrigue, les derniers rois wisigoths, et des batailles mythifiées du Guadalete et de Covadonga, les chroniqueurs manipulent le discours sur l’histoire et glissent des interpolations qui infléchissent le sens de leurs sources, parvenant à gommer toute solution de continuité entre Rodrigue et le premier restaurateur, Pélage. Ainsi, par un discours aux accents souvent providentialistes, les chroniqueurs contribuent à restaurer la patrie hispanique, que saint Isidore de Séville définit dans son œuvre, et à doter la communauté politique d’une éthique collective, de valeurs idéales et de modèles à imiter. Mes travaux de recherche proposent d’ailleurs une étude de la pensée politique développée par les grands penseurs wisigoths, Isidore de Séville, Jordanès et Julien de Tolède. En outre, c’est plus particulièrement l’apport de l’historiographie du point de vue de la sémiologie socio-historique que je souhaite mettre en lumière. Le mythe évolue en effet en fonction du contexte géopolitique et chaque chroniqueur interprète ses sources, surexploitant et politisant ce motif légendaire. Ces variations successives permettent de définir le mythe comme un système imaginaire qui révèle l’intentio des chroniqueurs ou de leurs commanditaires, comme une stratégie doctrinale du pouvoir et même comme le lieu d’un profond débat idéologique.

Source de légitimité, le mythe est remployé au service des royaumes en construction au XIIe siècle dans l’Historia legionensis (dite silensis), la Chronica naiarensis et le Liber regum (ou Libro de las generaciones y linajes de los reyes) qui défendent la continuité ethnique et dynastique à León, la continuité idéologique en Castille et la continuité territoriale en Navarre. Au XIIIe siècle, le mythe bascule dans l’idéologie. L’Estoire d’Espagne d’Alphonse X le Sage hérite la vision historique du très léonais Chronicon mundi de Luc de Tuy et du très castillan De rebus Hispaniae de Rodrigue Jiménez de Rada, et lui associe la vision plus globale – et presque « nationale » – du Poema de Fernán González. Le roi Sage voit alors dans le mythe néo-wisigothique le moyen de légitimer ses prétentions impériales en Espagne et en Europe.

Confesser, historier, gouverner dans l’Espagne médiévale (XIIIe–XVe siècle). Éditions et études de textes

Hélène Thieulin-Pardo
Georges Martin
SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

Titre du dossier : « Confesser, historier, gouverner dans l’Espagne médiévale (XIIIe–XVe siècle). Éditions et études de textes »

Titre de l’ouvrage inédit : « Libro de las generaciones y linajes de los reyes. Edición digital »

HDR soutenue le 30 novembre 2013

 

Mon dossier d’Habilitation à diriger des recherches explore deux pratiques des clercs médiévaux : d’une part, le contrôle des comportements et des consciences, et d’autre part, la représentation du passé. Un premier ensemble de travaux regroupe en effet les résultats des recherches que j’ai menées sur les manuels de confession des XIVe et XVe siècles et, à travers eux, sur le gouvernement des consciences par la pratique de la confession fréquente, imposée à tout l’Occident chrétien en 1215 par les directives du IVe concile du Latran. Mon ambition a été de saisir la façon dont l’Église péninsulaire avait accueilli les directives de Latran IV et de contribuer à une meilleure approche de l’histoire de la confession sur le territoire ibérique, de mesurer ses enjeux et son sens. Je me suis tout particulièrement intéressée aux moyens que le clergé avait mis en œuvre pour inciter les fidèles à se confesser régulièrement, et j’ai étudié les écrits, longtemps ignorés par les chercheurs, permettant aux confesseurs de conduire les examens de conscience. C’est à cette pédagogie de l’aveu, aux formes et aux stratégies du discours qui se font jour dans ces textes que j’ai consacré l’essentiel de mes travaux. Grâce à l’édition et à l’analyse du Confesionario, version abrégée au XVe siècle du Libro de las confesiones de Martín Pérez (1316) dont l’originalité, au sein du corpus envisagé, consiste en un examen de conscience ad status orienté essentiellement vers les activités commerciales et artisanales en milieu urbain, j’ai pu montrer comment les clercs contrôlent la conduite des fidèles et les pratiques propres à leur métier ou à leur fonction, ou du moins à leur place dans la société.

L’interrogation sur le gouvernement des hommes a également, et simultanément du reste, orienté mes travaux vers une autre pratique des clercs, le discours historiographique et la représentation du passé. Ces études constituent le deuxième volet de mon dossier. Mes recherches sur l’historiographie royale et nobiliaire, tant latine que navarro-aragonaise et castillane, m’ont permis d’embrasser une période étendue, du XIIe au XVe siècle. Les thèmes abordés dans ces travaux – la représentation du modèle du bon gouvernant, le conseil féminin, les funérailles – m’ont conduite à sonder les procédés de détournement ou de remaniement qui gouvernent les textes, à analyser la réécriture et la réinvention du passéauxquelles le discours historique se livre, et dans certains cas à l’instrumentalisation dont il peut être l’objet. Je me suis efforcée d’interroger le contexte social et politique ainsi que les circonstances culturelles dans lesquels le discours historique était produit. C’est pourquoi j’ai également été conduite à explorer ponctuellement un autre champ du discours royal, le discours juridique.

  L’attention que j’ai portée aux écrits, à la lettre des textes, m’a engagée dans chacune des étapes de ce parcours à m’interroger sur la transmission même de ces textes. Une partie de mon activité de chercheur a donc été consacrée à la pratique éditoriale. Mon ouvrage inédit consiste en l’édition numérique multiple – offrant plusieurs approches, paléographique et critique – du Libro de las generaciones y linajes de los reyes, première généalogie historique écrite en langue vernaculaire en péninsule Ibérique dans les premières années du XIIIe siècle. Cette éditon est destinée non seulement aux historiens désireux d’accéder facilement au contenu du texte, mais également aux philologues et aux linguistes s’intéressant tout particulièrement aux premières manifestations de la langue vernaculaire en Navarre.