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Formation doctorale

Louise BÉNAT-TACHOT

Louise BÉNAT-TACHOT

CHAC : Cultures et Histoire de l'Amérique Coloniale

Ancienne élève de l’ENS, Louise Bénat Tachot, après avoir été maître de conférence puis professeur à l’Université de Paris Est Marne la Vallée est depuis plusieurs années professeur à l’Université de Paris 4 Sorbonne, nommée sur la chaire des études de l’Amérique coloniale.

Décembre 2002   Habilitation à diriger des recherches. «Chroniqueurs entre deux mondes »

Janvier 2003        Qualification professeur des Universités CNU (14ème section)

Juin 2007             Obtention de la 1ere classe.

Juin 2013             Obtention de la classe exceptionnelle

Membre de CLEA, -responsable de la composante CHAC (civilisation et histoire de l’Amérique coloniale)- elle est aussi chercheur associée au MASCIPO- CNRS, dans l’équipe de Serge Gruzinski depuis 1994. Les recherches qu’elle a engagées portent “la modernité ibérique”, à partir des questions suivantes:

  • La place des chroniques primitives des Indes dans l’historiographie péninsulaire, avec une attention toute particulière portée à la nouvelle géographie construite par l’expérience ibérique et posée comme armature des chroniques.
  • L’histoire des sciences.
  • L’analyse du discours historiographique et du statut de l’historien. Etude des chroniques de Gonzalo Fernández de Oviedo et Francisco López de Gómara, Antonio de Herrera.
  • La circulation des « historias » dans l’aire européenne : selon quelles priorités et selon quels rythmes de traduction et d’édition (la péninsule ibérique, l’Italie, les Flandres, la France et l’Angleterre).
  • La cosmographie – cartographie et navigation: les questions de la mesure et de la représentation des espaces, les “artes de navegar”.

Publications

9 ouvrages

Une cinquantaines d’articles

codirectrice de la collection Fabrica Mundi

membre du comité editorial de la revue e-spania

oui
Mercedes BLANCO

Mercedes BLANCO

LEMH : Littérature de l'Espagne et du monde hispanique au Siècle d'Or

Mercedes Blanco dirige des recherches (thèse, recherches postdoctorales et habilitation) sur tout sujet qui concerne la littérature espagnole des XVIe et XVIIe siècles, dans les perspectives qui sont définies par la composante LEMH de l’équipe CLEA.  Elle peut considérer tout sujet proposé par un étudiant, mais elle encourage particulièrement :

  • des approches des œuvres qui prennent en compte les témoignages sur leurs modes de lecture, donc le discours théorique et critique, ainsi que les paratextes de l’époque considérée, en particulier les rhétoriques, les théories de mot d’esprit, les controverses sur le style et sur la poésie. Plus particulièrement tout ce qui concerne Góngora, la polémique sur son œuvre et son influence.
  • la littérature comme opérateur et artisan de modèles politiques, philosophiques et moraux et dans son rôle de transformateur de la pensée et de la langue ;
  • la littérature dans son lien è toutes les modalités de l’image et des arts visuels ;
  • les œuvres dans le temps court : les accords et le dialogue, explicite ou non, entre des œuvres contemporaines, de même genre ou de genre différent ;
  • la littérature en langue espagnole dans ses échanges avec d’autres langues (surtout italien, portugais et néo-latin), et avec d’autres littératures européennes.

Elle encourage les étudiants souhaitant faire une thèse à songer le plus tôt possible à leur sujet, à commencer à le préparer même avant de s’inscrire,  et à envisager toutes les solutions possibles pour avoir un contrat de thèse, que ce soit dans le cadre de l’École doctorale, dans celui du labex OBVIL, dans celui de contrats spécifiques ou dans celui de la Casa de Velázquez.  Elle soutient les docteurs, qu’ils aient été ou non ses doctorants, dans leur recherche d’un financement postdoctoral et bien sûr, dans leur recherche d’un poste à l’université.

oui
Araceli GUILLAUME-ALONSO

Araceli GUILLAUME-ALONSO

CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique
oui
Georges MARTIN

Georges MARTIN

SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

Georges Martin, professeur émérite, dirige actuellement les thèses suivantes:

Lucie ARRIGHI, Les relations corso-hispaniques à travers l'historiographie corse des XVe-XVIe siècle
Olivier BOSSEAU, Communautés juives de l'Espagne médiévale. L’identité dans l’histoire : politique, religion et nation dans l’Espagne des Xe-XIIIe siècle
Mélanie JECKER, La notion de prudence dans la pensée castillane médiévale et moderne (1252-1598)

 

oui
Béatrice PEREZ

Béatrice PEREZ

CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique
oui
Hélène THIEULIN-PARDO

Hélène THIEULIN-PARDO

SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

Littérature et civilisation de l’Espagne médiévale, histoire des mentalités, édition de sources.

Actuellement, en co-direction avec Corinne Mencé-Caster :

Mary Catherine Dillon-Lavissière : Recherches sur l’emploi des formes subjonctives dans les textes juridiques espagnols du Moyen Âge à nos jours

oui

Séminaire CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique

 

Culture matérielle et vie quotidienne. Permanence et innovation.        

 

Pouvoir et Richesse. Réalité sociale et promotion

     

    En 2016, le séminaire a changé de thème pour revenir à une étude plus resserrée autour de la monarchie espagnole depuis son cœur administratif et politique, et en 2017, il a pousuivi cette enquête :  

     

     

    La période de prédilection demeure les XVIe et XVIIe siècles, mais le séminaire entend également explorer la richesse de l’âge moderne des Bourbons en Espagne. Ainsi, des séminaires consacrés à des figures institutionnelles ont traité les maîtres de chapelle ; les membres d’ordres militaires et religieux ; les consuls ou les figures du contrôle, les inquisiteurs ; les marchands ; les nourrices, etc. Les contributions seront rassemblées et publiées dans un volume monographique dans la Serie Monográfica de la Cátedra de estudos Sefarditas Alberto Benveniste de Lisbonne. Ce cycle toutefois n’a pas oblitèré pas les « vieilles thématiques » qui continuent de mobiliser les chercheurs de CHECLA.

     

    En 2018, le séminaire s'oriente vers de nouvelles réflexions:  Culture matérielle et vie quotidienne. Permanence et innovation d'une part, Pouvoir et Richesse. Réalité sociale et promotion d'autre part.

     

     

     

    Parellèlemement à ces nouveaux champs, la composante porte un projet de formation innovante, FORMHIS  [Formation Internationale en Histoire Sorbonne / Sevilla / Sanlúcar], qui se déroulera à Sanlúcar de Barrameda et à Séville, en partenariat avec le Département d'Histoire moderne de l'Université de Séville et la Fundación Casa Medina Sidonia. Cette collaboration que nous poursuivons s'inscrit dans un programme au long cours qui a vocation à déboucher sur un Master International Sorbonne / Séville. 

     

    Les intervenants dans les séminaires, lors des Formations ou des colloques organisés par la composante, sont issus des universités avec lesquelles CHECLA a noué, au fil des années, des liens étroits qui se concrétisent dans des rencontres conjointes et des projets (de publications et de recherches) communs. Ainsi, plusieurs membres de CHECLA sont partie prenante dans le projet ANDATLAN porté par le Département d'Histoire moderne de l'Université de Séville. Ensemble, des historiens modernistes de Séville, des membres de CHECLA, des membres du LEMH et des littéraires de la Ca'Foscari ont constitué un Séminaire Internacionale de Recherches SUR autour de la figure du marchand.

     

    Le premier volet de SUR (I), intitulé El mercader. Un hombre de saberes, ouvre une série de rencontres et aura lieu en octobre 2017, à Séville. 

     

     

    En 2018, la composante poursuivra SUR (II), qui se réunira à Venise, au printemps, autour du thème Marchandises et culture urbaine.

     

     

    Voir les Sessions

    La mémoire comme mode de négociation dans le gouvernement de Barcelone au XVIIe siècle

    16 / 12 / 2017
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Mathias Ledroit

    La Junta de patrimonio de Italia. Un modèle de gestion du patrimoine royal ? (Monarchie hispanique, années 1590) 

    16 / 12 / 2017
    nstitut d'études ibériques et latino américaines
    Sylvain André

    L'argent ne fait pas le chanoine. Richesse et pouvoir au sein du haut clergé de Barcelone à la fin du Moyen Âge 

    20 / 11 / 2017
    Colegio de España
    Julia Conesa Soria

    Jusqu'à quel point était-il souhaitable de s'élever ? Richesse et crédit dans l'Espagne du XVIIe siècle

    21 / 10 / 2017
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Sébastien Malaprade

    La figura del juez local. Entre representante jurisdiccional y mediador social 

    24 / 06 / 2017
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Juan José Iglesias Rodríguez

    "Poderoso caballero es don Dinero": tesoreros y hombres de negocio en época de Carlos V 

    20 / 05 / 2017
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Juan Manuel Carretero Zamora

    Le comte d'Alcaudete et la politique africaine de la monarchie hispanique (1534-1558) 

    22 / 04 / 2017
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Bernard Vincent

    Trabalho feminino e Assistência domiciliária em Portugal no tempo dos Habsburgo: o papel das amas dos expostos

    20 / 05 / 2017
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Fátima Reis

    Vers une nouvelle approche de la figure nobiliaire au temps des Habsbourg : le parcours de la VIIe duchesse de Medina Sidonia 

    25 / 03 / 2017
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Adeline Léandre

    La figura de un gran mercader portugués, Francisco Mendes Benveniste. Redes comerciales y prácticas mercantiles ibéricas en el siglo XVI

    25 / 02 / 2017
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Susana Mateus Bastos

    La figura del censor y la censura negociada 

    28 / 01 / 2017
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Manuel Peña

    Ni la oyeran si ella misma no los fuera a buscar. Caminos y batallas de la predicación itinerante entre Andalucía y las Indias (siglos XVI-XVII)

    12 / 12 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    José Jaime García Bernal

    Ni mordaces, ni injuriadores: usos y abusos de la predicación en la Castilla moderna (siglos XVI-XVII)

    12 / 12 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Manuela Águeda Garrido

    Poder señorial y gobierno municipal en la España de los Habsburgo. Los marqueses de Mirabel y el Ayuntamiento de Plasencia (siglos XVI-XVII)

    26 / 11 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Miguel Ángel Melón

    Gouverner le royaume de Valence : charges anciennes et créations institutionnelles (XVIe-XVIIe siècles)

    26 / 11 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Pascal Gandoulphe

    Idées reçues sur les Grandes découvertes espagnoles et portugaises

    08 / 04 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Jean-Paul Duviols

    Cristóbal de Morales : l'itinéraire exceptionnel d'un maître de chapelle dans l'Espagne du Siècle d'Or

    20 / 02 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Cristina Diego Pacheco

    Réformisme éclairé, réformisme modéré. Les dernières années du règne de Charles III

    09 / 01 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino americaines
    Luis López Morillo
    Béatrice Perez

    Le rôle de la Monarchie Ibérique dans la création politique des espaces savants du XVIIe siècle

    12 / 06 / 2015
    Institut d'études ibériques et latino americaines
    Fabien Moncher

    La jurisprudence inquisitoriale : sources et activité normative

    11 / 04 / 2015
    Institut d'études ibériques et latino americaines
    Anita Gonzalez-Raymond

    La nobleza italiana como agente de difusión de la cultura española en el Renacimiento. El caso de los Colonna de Roma

    14 / 03 / 2015
    Institut d'études ibériques et latino americaines
    Thomas Dandelet

    "Galanteries grenadines", L'image du royaume musulman de Grenade à la cour de Louis XIV

    07 / 02 / 2015
    Institut d'études ibériques et latino americaines
    Almudena Blasco

    L'Enseignement musical dans l'Espagne de la Renaissance

    16 / 06 / 2014
    Institut d'études ibériques et latino americaines
    Cristina Diego Pacheco

    Geografía y fiscalidad del régimen señorial en Castilla en época de Carlos V

    28 / 04 / 2014
    Institut d'études ibériques et latino americaines
    Juan Manuel Carretero Zamora

    Les fêtes de taureaux du XVe au XVIe siècle : le premier grand tournant

    10 / 03 / 2014
    Institut d'études ibériques et latino americaines
    Araceli Guillaume-Alonso

    Convergence et transferts entre discours spirituel et discours politique dans le "Tratado llamado Leche de la fe del príncipe cristiano" (1545) de Luis de Maluenda

    10 / 02 / 2014
    Institut d'études ibériques et latino americaines
    Fabrice Quéro

    Se construire face à l’autre. La monarchie espagnole et le repoussoir français au XVIe siècle

    17 / 06 / 2013
    Institut d'études ibériques et latino americaines
    Bertrand Haan

    Constitution et circulation internationale des sermons d’autodafé

    22 / 04 / 2013
    Institut d'études ibériques et latino americaines
    Isabelle Rodriguez-Delafond

    Madrid, corazón de un imperio 1561, 1601, 1606

    05 / 12 / 2013
    Institut d'études ibériques et latino americaines
    Alfredo Alvar Ezquerra
    CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique

    Séminaire SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

    Le séminaire « Moyen Âge espagnol », créé et dirigé jusqu’en 2014 par le Professeur Georges Martin (PR, Université Paris-Sorbonne, SEMH-Sorbonne), se réunit de façon hebdomadaire de novembre à mai au Collège d’Espagne (Cité universitaire, Paris), les lundis de 14h à 17h. Il est actuellement animé conjointement par Hélène Thieulin-Pardo (PR, Université Paris-Sorbonne, SEMH-Sorbonne), Jean-Pierre Jardin (PR, Université Sorbonne Nouvelle–Paris 3), Alexandra Oddo (PR, Université Paris Ouest Nanterre La Défense) et Patricia Rochwert-Zuili (PR, Université d’Artois).

    Les thématiques abordées au cours du séminaire portent sur l’histoire culturelle et politique de l’Espagne médiévale : légitimité et affirmation du pouvoir en Castille aux XIIIe et XIVe siècles, canaux de diffusion des idées politiques dans la Castille des Trastamare, pouvoir des femmes en péninsule Ibérique, langue et littérature exemplaire. Le séminaire accueille régulièrement des conférenciers internationaux dont les travaux portent sur la péninsule Ibérique médiévale.

    Une partie des séances du séminaire est consacrée au travail collectif de traduction savante de la Deuxième partie, code et traité politique du roi de Castille Alphonse X le Sage (1252-1284), publiée en ligne [Les Livres d’e-Spania ( coll. Travaux en cours, 1)], ainsi qu’à la confection d’un Lexique castillan/français de la Deuxième Partie d’Alphonse X le Sage [Les Livres d’e-Spania (coll. Travaux en cours, 2)].

     

    programme_medieval_2012-2013.pdf 

    Voir les Sessions

    Histoire, droit, politique sous les Trastamares

    02 / 11 / 2015
    Colegio de España
    Jean-Pierre Jardin

    Histoire, droit, politique sous les Trastamares

    25 / 02 / 2016
    Colegio de España
    Jean-Pierre Jardin

    Histoire, droit, politique sous les Trastamares

    18 / 01 / 2016
    Colegio de España
    Jean-Pierre Jardin

    Histoire, droit, politique sous les Trastamares

    15 / 02 / 2016
    Colegio de España
    Jean-Pierre Jardin

    Histoire, droit, politique sous les Trastamares

    04 / 04 / 2016
    Colegio de España
    Jean-Pierre Jardin

    Langue et littérature espagnoles médiévales

    09 / 11 / 2015
    Colegio de España
    Alexandra Oddo

    Langue et littérature espagnoles médiévales

    07 / 12 / 2015
    Colegio de España
    Alexandra Oddo

    Langue et littérature espagnoles médiévales

    25 / 02 / 2016
    Colegio de España
    Alexandra Oddo

    Langue et littérature espagnoles médiévales

    07 / 03 / 2016
    Colegio de España
    Alexandra Oddo

    Langue et littérature espagnoles médiévales

    02 / 05 / 2016
    Colegio de España
    Alexandra Oddo

    Légitimité et affirmation du pouvoir royal en Castille aux XIIIe et XIVe siècles. El Molinismo

    16 / 11 / 2015
    Colegio de España
    Patricia Rochwert-Zuili

    Légitimité et affirmation du pouvoir royal en Castille aux XIIIe et XIVe siècles. El Molinismo

    14 / 12 / 2015
    Colegio de España
    Patricia Rochwert-Zuili

    Légitimité et affirmation du pouvoir royal en Castille aux XIIIe et XIVe siècles. El Molinismo

    01 / 02 / 2016
    Colegio de España
    Patricia Rochwert-Zuili

    Légitimité et affirmation du pouvoir royal en Castille aux XIIIe et XIVe siècles. El Molinismo

    14 / 03 / 2016
    Colegio de España
    Patricia Rochwert-Zuili

    Légitimité et affirmation du pouvoir royal en Castille aux XIIIe et XIVe siècles. El Molinismo

    09 / 05 / 2016
    Colegio de España
    Patricia Rochwert-Zuili
    Hélène Thieulin-Pardo

    Histoire culturelle de l'Espagne médiévale

    25 / 02 / 2016
    Colegio de España
    Hélène Thieulin-Pardo

    Histoire culturelle de l'Espagne médiévale

    11 / 01 / 2016
    Colegio de España
    Hélène Thieulin-Pardo

    Histoire culturelle de l'Espagne médiévale

    08 / 02 / 2016
    Colegio de España
    Hélène Thieulin-Pardo

    Histoire culturelle de l'Espagne médiévale

    21 / 03 / 2016
    Colegio de España
    Hélène Thieulin-Pardo
    SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

    Séminaire LEMH : Littérature de l'Espagne et du monde hispanique au Siècle d'Or

    Le séminaire doctoral LEMH, animé par Mercedes Blanco, est destiné aux membres de l’équipe, doctorants, élèves de master intéressés par la littérature classique, et tout collègue parisien ou de passage attiré par le programme annuel ou par telle ou telle intervention. Il s’est déroulé de 2008 à 2016 suivant des principes qui n’ont que peu changé. Le but était de présenter des recherches en cours qui entrent dans les programmes, questionnements et méthodes de LEHM, avec une orientation thématique particulière qui changeait tous les trois ans. On trouvera plus bas les argumentaires et les programmes de ces séminaires.

    En 2016-2017, le séminaire se poursuivra avec un système légèrement différent, sans thème imposé et ressemblant davantage à un atelier de travail. Ce seront principalement les membres de la composante, doctorants ou associés, qui présenteront des travaux destinés à une publication ou une présentation ailleurs. On commentera et discutera les avancées des doctorants, faisant ainsi du séminaire un lieu d’élaboration, d’expérimentation pour eux.

    Plusieurs séances seront ainsi consacrées à la préparation des deux séries d’interventions que plusieurs d’entre nous présenteront au congrès de la RSA (Renaissance Society of America) à Chicago (30 mars-1 avril). Lors d’autres séances, des membres non impliqués directement dans ce projet présenteront des travaux en cours, autour d’une question qui les intéresse et qui comporte une réflexion méthodologique.

    Une séance ouverte à un public moins spécialisé (en forme de table ronde) se déroulera dans le cadre du centenaire de l’Institut et aura pour thème l’histoire de la recherche sur la littérature classique dans cette institution, autour de quelques personnalités marquantes.

    Les séances auront lieu environ une fois par mois, en alternance le samedi matin (de 10h30 à 12h30) et le mercredi soir (de 18h à 20h) à l’Institut hispanique (31, rue Gay-Lussac, Paris 75005) en salle Carlos Serrano, à l’exception du 13 mai, où l’on aura la salle 13.

     

     

    PROGRAMME (2016-2017)

     

    Samedi 15 octobre 2016

    Séance en vue de la préparation du congrès de la RSA

     

    Hector RUIZ (doctorant, Paris-Sorbonne)

    Discutant : Guillaume LANCEREAU (doctorant en Histoire, Paris-EHESS)

    « L'analyse de réseaux de la polémique gongorine: des métadonnées (TEI) à la base de données »

     

    Antonio ROJAS CASTRO (Cologne Center for e-Humanities, Université de Cologne)

    « De los textos a las palabras. Algunas calas en el estudio de la poesía de Góngora con el programa R stylo »

     

    Samedi 12 novembre 2016 

    Mercedes BLANCO (Paris-Sorbonne) et Adam WICKBERG MÅNSSON (Université de Stockolm)

     

    Présentation de deux thèses sur la poésie dans le monde hispanique à l’époque moderne

     

    Conflict Ethics and Political Community in Early Peruvian Epic

    (Imogen Sutton-Choi, Cambridge UK, 2016)

    Cultural Techniques of Presence. Luis de Góngora and Early Modern Media

    (Adam Wickberg Månsson, Université de Stockholm, 2016)

     

    Mercredi 7 décembre 2016 

    Yves GERMAIN (Paris-Sorbonne) 

    « Les tentations du spectaculaire face aux contraintes du genre dans les autos caldéroniens de la maturité :

    quelques questions »

     

    Samedi 21 janvier 2017

    Séance en vue de la préparation du congrès de la RSA

     

    François-Xavier GUERRY (doctorant, Paris-Sorbonne)

    « L'implicite dans la polémique gongorine est-il détectable à l'aide d'outils informatiques ? »

    Marie-Églantine LESCASSE (doctorante, Paris-Sorbonne et UPMC)

    « Un trilingüe escuadrón de extravagancias. Góngora, une langue mêlée? L'antigongorisme à la lumière des idées puristes »

     

    Mercredi 22 février 2017

    João AIDAR (doctorant, Paris-Sorbonne)

    « Religión, imperio y poesía: las canciones de Algunas obras de Fernando de Herrera »

     

    Samedi 11 mars 2017

    Séance en vue de la préparation du congrès de la RSA

     

    Aude PLAGNARD (Université de Montpellier)

    « En quel sens Góngora fut-il l’Homère espagnol ?  Une réponse textométrique »

    Mercedes BLANCO (Paris-Sorbonne)

     « Essai de synthèse » 

     

    Mercredi 19 avril 2017 

    Roland BEHAR (ENS Paris)

    « Comment définir le classicisme dans l'Espagne du Siècle d’Or ? »

    Felipe VALENCIA (Utah State University)

    « El Polifemo de Góngora o el epilio de la lírica »

     

    Samedi 13 mai 2017

    « Cent ans de travaux sur la littérature du Siècle d’or à l’Institut hispanique: un regard rétrospectif »

    Table ronde avec la participation de Florence d’Artois, Mercedes Blanco,

    Yves Germain, François-Xavier Guerry, Maria Zerari….

     

    Samedi 10 juin 2017

    François-Xavier GUERRY (Doctorant, Paris-Sorbonne)

     « Existe-t-il une scène érotique typiquement célestinesque? »

     

    Samedi 17 juin 2017

    Marie Églantine LESCASSE (Doctorante, Paris-Sorbonne et UPMC) 

     « Le sentiment de la langue en Espagne du XVIe au XVIIe siècle. L'apport des humanités numériques à l'étude d'un imaginaire linguistique européen »

     

     

     

    Archives 

    La poésie : pratiques doctrines affrontements (Espagne, XVIe-XVIIe siècles) : 2014-2016

    Image Seminaire LEMH 2014 2016

    La poésie en langue espagnole à l’époque moderne, dont l’immense territoire présente encore maintes zones peu ou mal explorées, sera abordée en articulant les textes et ce que l’on peut savoir des pratiques qui contribuent à les façonner. Le discours sur la poésie sera considéré dans la pluralité de ses genres, (doctrine normative, commentaires, critiques, éloges, satires, défenses), et dans toute la diversité de ses lieux de production, de ses formes de circulation, de ses enjeux esthétiques et sociaux. Le séminaire se fera en liaison avec le  projet de recherche « Góngora-Pólemos », qui est logé dans le Labex-OBVIL et s’intéressera à ce que le numérique apporte ou peut apporter de renouvellement à l’étude de ces questions. 

    Introduction

    Programme 2014-2015

    Programme 2015-2016

     

    Rome vue d’Espagne. Humanisme, humanités et littérature (Espagne, XVIe-XVIIe siècles) : 2011-2014

    Image seminaire LEMH 2011 2014Nous nous proposons de contribuer à faire apparaître les médiations par lesquelles l’activité savante ou pédagogique d’humanistes espagnols et étrangers (de différentes périodes et nations) revêt un rôle déterminant dans la production et la réception d’œuvres littéraires. 

    Introduction

    Programme 2011-2012

    Programme 2012-2013

    Programme 2013-2014

     

    Littérature et événement en Espagne (XVIe-XVIIe siècles) : 2008-2011. 

    Veronese AlegoriaL’articulation entre les deux termes du titre se décline suivant deux versants nullement sans lien, : le premier relatif à la mise en forme de l’événement historique dans les textes littéraires, le second aux effets de l’histoire dans la littérature.

    Introduction 

    Programme 2008-2009

    Programme 2009-2010

    Programme 2010-2011

     

    Voir les Sessions

    Les tentations du spectaculaire face aux contraintes du genre dans les autos caldéroniens de la maturité : quelques questions

    07 / 12 / 2016
    Institut d'études Iibériques
    Yves Germain

    La poésie : pratiques, doctrines, affrontements (Espagne, XVIe-XVIIe siècles)

    11 / 12 / 2015
    Institut d'études ibériques
    Flavia Gherardi

    La poésie : pratiques, doctrines, affrontements (Espagne, XVIe-XVIIe siècles)

    22 / 02 / 2016
    Institut d'études ibériques
    Lise Segas
    Aude Plagnard

    La poésie : pratiques, doctrines, affrontements (Espagne, XVIe-XVIIe siècles)

    12 / 02 / 2016
    Institut d'études ibériques
    Mercedes Blanco
    Hector Ruiz

    La poésie : pratiques, doctrines, affrontements (Espagne, XVIe-XVIIe siècles)

    11 / 03 / 2016
    Institut d'études ibériques
    Valentín Núñez Rivera
    Carlos Primo
    Jesús Ponce Cárdenas

    La poésie : pratiques, doctrines, affrontements (Espagne, XVIe-XVIIe siècles)

    01 / 04 / 2016
    Institut d'études ibériques
    Maria d'Agostino
    François-Xavier Guerry

    La poésie : pratiques, doctrines, affrontements (Espagne, XVIe-XVIIe siècles)

    13 / 05 / 2016
    Institut d'études ibériques
    Michael Armstrong-Roche
    Maria Zerari
    LEMH : Littérature de l'Espagne et du monde hispanique au Siècle d'Or

    Séminaire CHAC : Cultures et Histoire de l'Amérique Coloniale

    Les stratégies indigènes dans la construction du monde colonial (16e-I7e siècles)

    Année 2015-2017

    De façon récurrente, on lit dans les textes des chroniques des Indes l’expression « indios amigos » : ils occupent une place parfois décisive dans la narration de la découverte et de la conquête du Nouveau Monde. On observe de la même façon que la société coloniale a supposé la « collaboration » des indigènes sous de multiples formes : depuis les enfants qui aident les franciscains à l’entreprise d’évangélisation, aux guides, traducteurs et auxiliaires – experts de toute sorte –, en passant par le rôle des femmes qui est lui-même d’une grande complexité. Enfin les élites indigènes ont joué une partition parfois d’une singulière finesse dans le processus de collaboration avec les institutions coloniales.

    Mais au fond qu’est ce qui se cache exactement sous l’expression indios amigos ? Nous nous proposons cette année de réfléchir aux formes et implications que cette expression (présente ou absente) retient : que dit-elle des mondes indigènes et de leurs stratégies, de leur géopolitique ? que dit-elle de la construction du monde colonial (ou des mondes coloniaux) et enfin que dit-elle de la vision que les Européens veulent donner de leur propre histoire ?

    On ouvrira évidemment le champ de la recherche à l’ensemble des mondes ibériques, depuis le 16e siècle jusqu’au XVIIIe.

     

     

    Programme_Séminaire_CHAC_2013-2015.pdf

    Programme_Séminaire_CHAC_2012-2013.pdf

    Programme_Séminaire_CHAC_2017-2018.pdf

     

     

    Voir les Sessions

    Six personnages en quête d'auteur... ou les manières d'histoire globale au XVIe siècle

    21 / 10 / 2017
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Serge Gruzinski

    Pouvoir colonial et légitimité caciquale dans l'Audience de Quito au XVIIIe siècle

    24 / 06 / 2017
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Bernard Lavallé (Université Paris III)

    Francisco Pimentel cacique de Tezcoco contesté (2e moitié du XVIe siècle)

    25 / 03 / 2017
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Patrick Lesbre (Université de Toulouse 2)

    Censure et mondialisation au XVIe siècle

    28 / 01 / 2017
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Serge Gruzinski (EHESS)

    Négociation et Conflit: Claudio Manuel da Costa, homme de lettres luso-brésilien au XVIIIe siècle

    14 / 11 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Laura de Mello e Souza (Université Paris-Sorbonne)

    Indiens et conquistadores en Amérique du Nord. Vers un autre Eldorado

    17 / 10 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Jean-Michel Sallmann (Université Paris 10 - Nanterre)

    «Dissolution des « cordes d'imagination » dans la royauté de Nouvelle-Grenade entre 1765 et 1808... Ou comment, l'harmonie sociale et la fidélité au Roi se défont de Quito à Bogotá...»

    09 / 05 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Georges Lomné (Université Paris Est, GIS Institut des Amériques)

    Idées reçues sur les Grandes découvertes espagnoles et portugaises

    08 / 04 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino américaines
    Jean-Paul Duviols

    El proyecto de Iberoamérica del siglo 18: principales hipótesis

    22 / 02 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Carlos Marichal (Colegio de México, Conacyt)

    Le local préhispanique : histoire d’un palimpseste

    17 / 02 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Patrick Lesbre (Université de Toulouse II)

    Historicisme et écriture de l’histoire

    18 / 01 / 2016
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Serge Gruzinski (Directeur de Recherche, EHESS)

    La formulation du dialecte ayacuchano du quechua : un processus inca et colonial

    01 / 06 / 2015
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    César Itier (INALCO)

    Présentation de deux ouvrages : Bernard Lavallé, Au nom des Indiens. Une histoire de l’évangélisation en Amérique espagnole, Paris, Payot, 2015; Clotilde Jacquelard, De Séville à Manille, les Espagnols en mer de Chine, 1520-1610

    02 / 02 / 2015
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Bernard Lavallé (université Paris-III) et Clotilde Jacquelard (université Paris-Sorbonne)

    Présentation d'ouvrage: Gregorio Salinero, La trahison de Cortés. Désobéissances, procès politiques et gouvernement des Indes de Castille, seconde moitié du XVIe siècle, Paris, PUF, 2014

    08 / 12 / 2014
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Gregorio Salinero (Université Paris I)

    Les Philippines et l’histoire globale

    17 / 11 / 2014
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Patricio Hidalgo Nuchera (Université Autonome de Madrid)

    Paradis ou tombeau? Les perceptions espagnoles de l’environnement philippin et le débat sur l’acclimatement des Espagnols dans l’archipel des Philippines (1820-1898)

    10 / 03 / 2014
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Xavier Huetz de Lemps (Université de Nice Sophia Antipolis)

    Crise et perception du territoire : “La intromisión del poder real en la vida local, 1780-1790 : un enfoque comparatista entre Galicia y las reformas americanas de Gálvez

    17 / 02 / 2014
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Pegerto Saavedra Fernández (Université de Santiago de Compostela)

    Mission locale-mission globale : le projet missionnaire des Jésuites en Amazonie entre 1653 et 1661

    16 / 12 / 2013
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Decio Guzman (Universidade federal do Pará, Brésil)

    L'Enfer du Paraguay : la transfiguration du paysage comme métaphore des utopies politiques de l'âge moderne et Movilidad misionera, conectando territorios y sociedades, siglos XVI-XVII

    18 / 11 / 2013
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Gilles Bienvenu (Université Paris-Sorbonne) sur le Paraguay) et Aliocha Maldavski ((Université de Paris X) sur "movilidad misionera"

    Présentation de la réédition de La destruction des Indes de Bartolomé de Las Casas (1552) aux Éditions Chandeigne par Jean-Paul Duviols

    14 / 10 / 2013
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Jean-Paul Duviols (université Paris-Sorbonne)

    La corruption de la monarchie unie ibérique dans le miroir de la corruption des États asiatiques [Grand Mogol et Arakan]

    13 / 05 / 2013
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Hugues Didier (Université de Lyon III)

    Quand, en situation coloniale, la corruption devient normale : les Philippines dans le dernier siècle de la domination espagnole

    15 / 04 / 2013
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Xavier Huetz de Lemps (Université de Nice Sophia Antipolis)

    Penser la corruption : le cas du monde colonial hispano-américain

    14 / 01 / 2013
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Michel Bertrand (Université de Toulouse 2)

    Corruption au quotidien et pactes fondamentaux de l’Empire; Del noroeste español a América : oportunidades y medios de corrupción en la edad moderna

    26 / 11 / 2012
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Bernard Lavallé (Université Paris III) et Ofelia Rey Castelao (Université de Saint-Jacques de Compostelle)

    Corrupción en el virreinato de la Nueva España: legislación y normatividad entre 'gobierno imperial' y 'gobierno legal'

    13 / 02 / 2012
    Institut d'études ibériques et latino-américaines
    Horst Pietschmann (Université de Hambourg)
    CHAC : Cultures et Histoire de l'Amérique Coloniale

    "En belle forme de livre": écrire et publier un recueil poétique dans la France et l´Espagne du XVIe siècle

    01 / 01 / 2016
    João Aidar
    Mercedes Blanco et François Lecercle
    LEMH : Littérature de l'Espagne et du monde hispanique au Siècle d'Or

    Le travail intitulé ``En belle forme de livre´´: écrire et publier un recueil poétique dans la France et l´Espagne du XVIe siècle cherche à comparer l´organisation interne des livres de poésie imprimés par certains auteurs de la Renaissance française et espagnole au regard des différentes relations entretenues par ces pays avec l’imprimerie. Il s´agit d´étudier les divers types d´organisation et de tenter de comprendre dans quelle mesure certains sont conçus par l'auteur comme créateur de sens. L´étude poétique du recueil implique d´analyser le rapport établi entre le poème individuel et le recueil, ainsi que de s´interroger sur le choix de leur placement à l'intérieur de l´œuvre – la répétition ou l´alternance de certaines formes poétiques, par exemple. En effet, les recueils imprimés au cours de cette période sont fréquemment dédiés à un autre poète ou placés sous la protection d´un souverain. À ce propos on pourrait songer aux livres de Boscán, Montemayor, à L´Adolescence Clémentine de Marot et aux Odes de Ronsard. Il nous semble important donc d’étudier la création des liens poétiques et sociaux lors de la composition et l’impression des livres de poésie dans ces deux pays. Nous tâcherons, en outre, d’étudier et comparer ces recueils poétiques à partir de l´influence reçu par les modèles gréco-romains et italiens.

    Les relations corso-hispaniques à travers l’historiographie des XVe et XVIe siècles

    Lucie Arrighi
    Georges Martin
    SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

    Une opinion largement répandue parmi les historiens au sujet de la Corse consiste, au vu de la longue domination génoise (1195-1768), à subsumer les fondations de l’île sous la sphère d’influence de la cité ligure. Or, cette théorie ne rend pas compte de la complexité des événements, car la Corse revenait de plein droit à la Couronne d’Aragon depuis la donation pontificale de 1297. Gênes et l’Aragon entrèrent alors en guerre pour plusieurs siècles. Ce faisant, le conflit engendra un combat idéologique, opposant monarchistes et républicains, dans lequel s’enrôlèrent les historiographes espagnols, italiens, français et pontificaux jusqu’à la fin du XVIe siècle afin de fonder leur légitimité en Corse. L’historiographie revêt ainsi une importance capitale dans l’étude des relations corso-hispaniques, car elle contredit la légitimité de Gênes et l’exclusivité de ses influences dans l’île. En effet, en étudiant sous l’aspect d’une guerre historiographique l’Histoire de Corse des XVe et XVIe siècles, j’ai découvert que celle-ci a pour fondement des sources hispaniques porteuses d’une propagande politique visant à favoriser la noblesse corse pro-aragonaise qui combattait dans l’île la République de Gênes. Cependant, les médiévistes et les modernistes relient l’historiographie corse à Gênes. Ceux-ci ont confondu l’historiographie du XVe siècle avec celle du XVIe, manipulée et éditée en 1594 par le Corse Filippini pour que l’Historia di Corsica suive le parti de la cause génoise. On a ainsi déconsidéré la force politique des Histoires de Corse et ses auteurs: loin d’être de simples témoins de leur temps, Giovanni della Grossa, Cirneo, Monteggiani, Ceccaldi et Filippini furent avant tout des acteurs soumis aux tensions de leur temps. Pour saisir le processus d’évolution qui s’est opéré dans l’Histoire de Corse jusqu’à sa première édition en 1594, j’effectue une comparaison philologique des manuscrits de l’œuvre conservés en France, en Italie et en Espagne. Aussi, mon travail implique-t-il une étude des archives italiennes et ibériques pour déceler les enjeux politiques et culturels des XVe et XVIe siècles qui influèrent sur l’élaboration progressive de cette Histoire dont les relations corso-hispaniques constituent la clé.

    Théâtre et médecine au Siècle d'Or. Une famille tolédane jette le masque: les Porres, Gaspar (? -1622) et Matías (1577-1628)

    02 / 11 / 2009
    Bénédicte Barbara-Pons
    Annie Molinié
    CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique

    Rencontrée de façon fortuite, la famille Porres a suscité l'étonnement à cause de la capacité d'improvisation du fils, Matías, tout jeune étudiant quand il rédigea la première relation de fêtes de l'Université de Salamanque en 1598. La recherche porte sur ses années d'étude et sur l'exercice de son art en Espagne. Matías de Porres est également intéressant pour son origine sociale, puisqu'il appartient à une famille d'autores de comedias. C'est donc l'impact de son environnement familial qu'il importe aussi de décrire, en reconstruisant un grand pan de l'activité de son père, l'un des huit directeurs de troupe officiels sous Philippe III. Très tôt marquée par l'audace et l'artifice, la carrière de Matías de Porres n’est pas sans évoquer en effet le cours aventureux d'une compagnie de théâtre. 

    Une compagnie marchande : les Rodrigues d’Évora et leurs associés. Contribution à l’étude du commerce du XVIe siècle

    06 / 10 / 2016
    César BARROS
    Béatrice PEREZ
    CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique

    L’objet de ce travail est d’analyser le commerce au XVIe siècle par le biais de l’étude monographique de la compagnie marchande des Rodrigues d’Évora et de leurs réseaux dans un espace géographique européen, qui eut néanmoins des répercussions dans le monde entier. Le travail présente l’avantage de porter sur une dynastie déjà répertoriée et connue, ce qui offre un cadre pour les recherches. Grâce à l'analyse du réseau, nous essayerons de comprendre comment l'endogamie a renforcé les activités commerciale et financière ainsi que la stratégie d'élargissement réticulaire. Le corpus documentaire sélectionné à cette fin porte sur la documentation produite par l’entreprise Rodrigues d’Évora: l'échange de lettres et la correspondance commerciale, d'une part; l’identification et l'étude des traites en faveur ou au nom de Rodrigues d’Évora dans les archives, d'autre part.

    Juan de Betanzos ou l’art de la médiation dans la première société coloniale andine (années 1530-années 1570): étude textuelle et contextuelle

    10 / 07 / 2014
    Loann Berens
    Louise Bénat-Tachot
    CHAC : Cultures et Histoire de l'Amérique Coloniale

    Ce travail de recherche découle d’un double constat : d’une part, la Suma y narración de los Incas (1551-1556) de Juan de Betanzos est considérée comme une source indispensable pour l’étude de l’histoire du monde andin, des origines mythiques du Tahuantinsuyo aux années 1550. Cependant, peu de travaux ont été consacrés au chroniqueur et le plus souvent c’est une utilisation stéréotypée qui est faite de son œuvre. D’autre part, il est généralement admis que le vice-roi Francisco de Toledo fut le « suprême organisateur » de la société coloniale andine et qu’avant son arrivée tout n’était que chaos. Les années 1530-1570 sont une période chaotique, c’est indéniable. Mais c’est également une période fondatrice. Il a existé, durant ces années, une réflexion sur le problème de la transition entre monde préhispanique et monde hispanique ainsi que des tentatives pour organiser la société coloniale andine. Par son statut d’« expert » de la langue quechua, ses liens avec la famille Pizarro, les gouverneurs et vice-rois successifs, les missionnaires dominicains et le monde indigène, Betanzos constitue un fil conducteur de premier ordre pour analyser la gestation de la première société coloniale andine dans le chaos primordial que constituent les années 1530-1570. À une échelle plus globale : le « cas » Betanzos, grâce aux connexions qu’il permet d’établir, permet une analyse élargie de la politique de la Couronne espagnole en Amérique.

    Boursier de l’IFEA et bénéficiaire d’un contrat doctoral

    Ginés de Sepúlveda, historien et philosophe : étude d’une forme de modernité

    Gilles Bienvenu
    Louise Bénat-Tachot
    CHAC : Cultures et Histoire de l'Amérique Coloniale

    soutenance le 14 mai 2016

    Communautés juives d'Espagne médiévale. Monarchie et structures de pouvoir

    Olivier Bosseau
    Georges Martin
    SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

    Si Marcel Pagnol a raison et que « tous les manuels d'histoire du monde n'ont jamais été que des livrets de propagande au service des gouvernements » (La Gloire de Mon Père), il reste à comprendre le rôle de l’écriture de l’histoire dans une communauté sans gouvernement au sens d’indépendance politique. Le cas des Juifs au Moyen Âge en Andalousie permet de reconsidérer la perception qu’ils avaient d’eux-mêmes par cette réécriture de l’histoire biblique et rabbinique. L’idée est que la religion juive est fondamentalement organique, la Bible et le Talmud étant en quelque sorte le génome (le temps long), les Juifs les systèmes biochimiques de la lecture de l’ADN et les communautés données dans l’histoire, l’environnement. On peut dresser une véritable analogie avec l’histoire des Juifs à travers le temps car l’épigénétique permet de dire que la transmission de la Bible et le Talmud, ADN dans cette vision, pourra se faire par des interprétations ne changeant pas l’information génétique : autrement dit, la façon de lire l’information (rabbinique par exemple, cas majoritaire) pourra se transmettre sans altération des textes. Par ailleurs, plus l’environnement sera riche, plus les interactions seront nombreuses, ce qui explique le déploiement de la civilisation juive dans l’Espagne andalouse. Penser la civilisation juive andalouse revient ainsi à penser comment la Bible et le Talmud ont pu s’exprimer avec autant de profondeur et de modalités en Andalousie. En partant d’une analyse théologico-historique puis historiographique, il est possible de saisir la singularité de l’environnement andalou dans l’affirmation identitaire juif : nation de rois et de prêtres, les Juifs d’Andalousie ont pu déployer un échafaudage important de pensée, de sciences et d’art, une expression entière de ce qu’est une nation dans un monde islamique politico-religieux, à opposer au monde théologique et politique chrétien. L’Islam andalou a permis par son histoire singulière de créer un environnement – Sfarad – permettant d’imaginer le plein épanouissement des Juifs (Xe-XIIe) avant que le monde théologique et politique chrétien (Jacques Ier et surtout Alphonse X) ne recentrent l’eschatologie sur Jérusalem (Nahmanide).

    Recherches sur l’emploi des formes subjonctives dans les textes juridiques espagnols du Moyen Âge à nos jours

    Mary Dillon-Lavissière
    Corinne Mencé-Caster, Hèlène Thieulin Pardo
    SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

    Si un grand nombre de grammairiens et de linguistes argumentent que la forme en -re, cantare, a disparu de l’espagnol actuel, ils remarquent qu’elle est toujours observée dans des textes spécialisés, notamment ceux qui appartiennent à la littérature juridique. Leur explication de cette présence marginale repose souvent sur la qualification de la forme en -re comme élément archaïsant d’un genre lui-même conservateur. Cependant, au lieu de voir cette forme comme un simple archaïsme, retenu pour sa forme mais non pas pour son contenu, nous la voyons comme un élément qui a été et qui est particulièrement utile pour la communauté de sujets parlants qui manipulent la littérature juridique.

    Dans le cadre de la linguistique guillaumienne et plus spécifiquement de la linguistique du signifiant, cette thèse observe donc l’évolution de la forme en -re dans les protases des hypothèses en si et son alternance avec le présent de l’indicatif, canta, la forme en -se, cantase et la forme en -ra, cantara. La structure syntaxique de l’hypothèse en si a été choisie car elle a été la scène de nombreuses évolutions dans le système subjonctif. Les formes en -se, -ra et le présent de l’indicatif ont été choisis car ils font partie intégrante de la question de la disparition de la forme en -re : ils sont réputés l’avoir remplacée dans la morphosyntaxe étudiée ici. Notre corpus consiste en des textes légaux majeurs qui datent du Moyen Âge à nos jours.

    Nos analyses montrent que la forme en -re a été utilisée comme outil rhétorique et comme outil de cohérence. Au Moyen Âge, le juriste utilisait la forme en re au lieu du présent de l’indicatif quand il souhaitait représenter un événement comme temporaire, dépendant ou exceptionnel. Il s’agit des applications de la loi et non pas la loi comme règle éternelle. Il choisissait le présent de l’indicatif quand il souhaitait représenter la « norme ». Dans ce sens la forme en -re fonctionne comme outil rhétorique. Dans les Constitutions modernes, surtout de l’Amérique latine, la forme en -re alterne avec la forme en -se. Ces alternances ont lieu dans les processus complexes, tel que la ratification d’un projet de loi. Dans ces cas, la forme en -re peut avoir une fonction déictique – de faire progresser l’événement en avant dans le temps – ou une fonction de cohérence de texte, de signaler la fin d’une étape dans un événement complexe. Le maintien de la forme en -re par les juristes dans la littérature juridique ne peut pas être réduite au caractère archaïsant de la forme ni au conservatisme du genre, mais plutôt à la nature complexe du discours juridique qui trouve toujours une utilité dans le signifié de la forme en -re.

    Noirs, Mulâtres et Portugais, dans la formation de la société coloniale de Veracruz, Mexique

    01 / 10 / 2013
    Citlalli Domínguez Domínguez
    Louise Bénat-Tachot
    CHAC : Cultures et Histoire de l'Amérique Coloniale

    Cette thèse interroge l’importance des Noirs, des Mulâtres et des Portugais comme acteurs-clés de la formation de la société coloniale de la ville-port de Veracruz lors de la période qui va de 1570 à 1650, s’inscrivant dans cette phase de « mondialisation ibérique ».

    Ce phénomène d’échelle planétaire a entraîné le fait que la Nouvelle Espagne, la ville de Mexico ainsi que le port de Veracruz se sont transformés en lieux de circulation incessante d’hommes, de marchandises et de savoirs des quatre parties du monde, ce qui a lié le monde ibérique, l’Afrique, l’Amérique et l’Asie pendant trois siècles de domination coloniale.

    C’est pourquoi, on se propose aussi d’examiner le rôle que jouent les Noirs et les Mulâtres dans cette « mondialisation ibérique », au-delà des représentations historiographiques qui les considèrent seulement comme étant des esclaves dans les différents espaces économiques de la période coloniale au Mexique, ou bien comme compagnons des conquérants, ou comme idolâtres.

    Les Portugais quant à eux restent encore un groupe peu étudié par les historiens de la période coloniale au Mexique. Cela nous oblige à repenser les différents acteurs qui ont constitué la société coloniale, et qui peuvent nous aider á mieux comprendre les récits partagés avec d’autres pays de l’Amérique Latine qui sont connectés par une histoire globale qui est née lors de cette période.

    La guerrilla guatémaltèque 1960-1990 : radiographie d’un échec

    David de La Fuente
    Louise Bénat-Tachot
    CHAC : Cultures et Histoire de l'Amérique Coloniale

    co-tutelle avec Carmen Salazar Soler, EHESS, CNRS

    Morale et sexualité au Siècle d'Or espagnol : l'érotisme dans le genre "célestinesque"

    01 / 09 / 2015
    François-Xavier Guerry
    Mercedes Blanco
    LEMH : Littérature de l'Espagne et du monde hispanique au Siècle d'Or

    La thèse se propose d’analyser le traitement que le genre célestinesque, entendu au sens large comme l’ensemble des continuations et des imitations - autant de catégories génériques qu’il nous faudra interroger-, de La Célestine au Siècle d’Or, réserve à la sexualité, thématique encore trop peu abordée car souvent jugée, à tort, comme incompatible avec les conventions du langage universitaire. Il s’agit d’apporter un regard nouveau sur ce chef-d’œuvre de la littérature espagnole classique et sa descendance souvent méconnue, à travers l’étude des effets esthétiques et des techniques littéraires de l’érotisme, du trait d’esprit et de l’humour grivois. L’absence d’une tradition lexicographique relative à l’érotisme ne facilite pas le travail d’identification et d’interprétation des termes obscènes et autres ambiguïtés lexicales. La mise à jour des procédés d’écriture et de représentation permettra de découvrir la spécificité de l’Eros célestinesque et de la replacer dans la littérature européenne de son temps, notamment par rapport aux modèles du genre (Boccace, Rabelais, l’Arétin…). Nous nous arrêterons sur les stratégies de séduction déployées par nos auteurs qui, telle est notre hypothèse, jouent avec les attentes du lecteur, aguiché par la promesse de quelque scène piquante qui n’en finit pas de se faire attendre. Se profilent è l’arrière-plan la question cruciale du plaisir du texte et de l’effet produit sur le lecteur de l’époque - et ce qui se dégage de l’examen des textes sera à compléter notamment par les témoignages d’éditeurs, de traducteurs et de moralistes -, et par là même,  celle des ambiguïtés morales des œuvres célestinesques et de leur rapport à la censure.

    Dans le labyrinthe des Amazones, Européens et chefferies indigènes dans la vallée de l’Amazone (1650-1750)

    Décio Guzmán
    Louise Bénat-Tachot
    CHAC : Cultures et Histoire de l'Amérique Coloniale

    Nous envisageons d’étudier l’histoire des populations indigènes du nord-ouest de l’Amazonie depuis la fin du XVIIe siècle jusqu’au milieu du XVIIIe siècle (1650-1750). Plus exactement, notre objet d’étude concerne le rôle et l’évolution des chefferies indiennes dans le double contexte des relations interethniques et des entreprises coloniales européennes: espagnole, hollandaise, portugaise et anglaise. Au cours de cette période, les grandes puissances européennes — France, Angleterre, Espagne, Portugal et Hollande — se sont employées à accroître leur domaine colonial en Amérique du Sud. La zone qui s’étend entre les Guyanes occidentales et le fleuve Amazone éveilla l’intérêt des puissances européennes en raison des minerais “nobles” — or et argent — qu’elle était censée receler. C’est ainsi qu’on assiste, d’une part, dès le début de la conquête des terres américaines, à un processus de transfert dans les aires de colonisation des conflits politiques qui opposent les grandes puissances. On observe, d’autre part, que les formes d’intervention coloniale mises en œuvre par les pays européens sont multiples: érection de fortifications militaires dans les forêts amazoniennes et guyanaises, processus de démarcation des territoires, esclavage indigène et commerce de marchandises. Or ces formes tirent parti des réseaux politiques indigènes, militaires et commerciaux et tiennent compte des hiérarchies internes et des positions de pouvoir qui existaient au moment de l’arrivée des Européens. Ces interventions entraînèrent la recomposition des systèmes indigènes autrefois dominants, en établissant des médiateurs préférentiels pour le dialogue socio-politique, commercial ou symbolique: ce furent les chefferies indigènes.

    La notion de prudence dans la pensée castillane médiévale et moderne (XIIIe-XVIe siècle). Du roi Sage au roi Prudent ?

    Mélanie Jecker
    Georges Martin
    SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

    Mes recherches portent sur la notion de prudence dans la pensée castillane médiévale et moderne, depuis le début du règne d'Alphonse X de Castille, dit « le roi Sage », en 1252, jusqu'à la mort de Philippe II, dit « le Prudent », en 1598. Le choix d'une période longue m'a permis d'analyser dans toute sa complexité le processus de réception et d'adaptation des doctrines classiques sur la prudence par les traducteurs, commentateurs et penseurs politiques castillans. J'ai tâché de déterminer comment ce concept défini dans les textes de l'Antiquité grecque et latine a nourri leur réflexion sur la double nature, rationnelle et politique, de l'homme : la prudence est en effet la vertu intellectuelle qui définit l'homme comme animal politique, et plus particulièrement, chez Aristote, le gouvernant et le législateur. La transmission, fidèle ou non, de la doctrine aristotélicienne des vertus intellectuelles en général, et de la prudence en particulier, se révèle le lieu d'un affrontement entre deux paradigmes royaux dans la Castille d'alors : face au modèle d'un roi sage (sapiens, sabio) disposant d'un pouvoir absolu, que les monarques successifs s'attachent à maintenir tout au long de la période, la haute noblesse et les maîtres ès arts salmantins posent l'image d'un roi simplement prudent au sens où l'entend Aristote, c'est-à-dire faillible, pour mieux l'inviter à gouverner en s'appuyant sur les élites de son royaume.

    Gerónimo de Mendieta : histoire ecclésiastique et raccordement des temps et des mondes

    01 / 09 / 2016
    Anne Joyeux
    Louise Bénat-Tachot
    CHAC : Cultures et Histoire de l'Amérique Coloniale

    L'objectif de ce travail est d'étudier l'oeuvre principale du franciscain Gerónimo de Mendieta, l'Historia eclesiástica indiana [1573-1590], en relation avec l'engagement sans borne de l'auteur en faveur de son ordre religieux. Dans un monde colonial en pleine mutation, où l'ordre franciscain lutte pour continuer à dominer l'entreprise d'évangélisation des Indiens sur le territoire de la Nouvelle-Espagne, Mendieta voit les encomenderos perpétrer de nombreuses exactions, réduisant à néant le travail des missionnaires. Par son œuvre, il remonte aux origines de la présence religieuse en Nouvelle-Espagne et tente de justifier les choix de son ordre, ainsi que de convaincre les plus hautes instances de laisser les franciscains diriger l'entreprise de conversion avec plus de liberté. Il entremêle pour cela plusieurs expressions du temps (circulaire, linéaire, mythique), et crée ainsi une conception historique nouvelle, à partir d'un passé très récent autour d'un nouveau centre géographique, tout en s'inspirant des historiographies traditionnelles de l'Ancien Monde.

    Il s'agit donc d'étudier en profondeur l'oeuvre de Mendieta, en comprenant quelle a pu être l'influence de l'homme et de l'oeuvre à son époque, et comment cette nouvelle historicité s'exprime tout au long du texte.

    Recherches sur la femme et son rôle au sein de la haute noblesse espagnole (XVIe-XVIIe siècles) : l’exemple d’Ana de Silva y Mendoza, VIIe duchesse de Medina Sidonia

    03 / 09 / 2012
    Adeline Léandre
    Araceli Guillaume-Alonso
    CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique
    oui

    Les « Recherches sur la femme et son rôle au sein de la haute noblesse espagnole (XVIe-XVIIe siècles). L’exemple d’Ana de Silva y Mendoza, VIIe duchesse de Medina Sidonia » s’insèrent dans le cadre de l’histoire générique et visent à récupérer la mémoire des femmes de l’aristocratie andalouse, et principalement de celles titulaires de Medina Sidonia et Niebla, à l’époque moderne. On pensera tout d’abord à la VIIe duchesse consort de Medina Sidonia, doña Ana de Silva y de Mendoza (1560-1610), fille ainée des princes d’Eboli, archétype remarquable d’une aristocrate puissante, forte et consciente de son rang en Basse Andalousie aux XVIe et XVIIe siècles. Ensuite, grâce à une étude prosopographique menée autour d'elle et plus largement de trois générations féminines des Medina Sidonia : la IXe comtesse de Niebla, les VIIe et VIIIe duchesses de Medina Sidonia, on s’attachera à décrire le statut juridique, social, économique et politique d’aristocrates à valeur d’exemples. Celui, en particulier, de l’épouse du VIIe duc, don Alonso Pérez de Guzmán el Bueno, responsable de l’Invincible Armada, permettra d’appréhender les sphères d’influence dévolues à ces femmes ainsi que leur vie quotidienne sur les terres de leur époux. A travers l’étude de la correspondance mais également, d’actes notariés, de livres de comptes et de quelques documents iconographiques issus de différents centres d’archives espagnols (Archivo General de la Fundación Casa Medina Sidonia principalement mais également Archivo General de Simancas ou Archivo Histórico Nacional sección Nobleza), on sera en mesure de comprendre les stratégies entourant le mécénat artistique et religieux d’une aristocrate andalouse, son implication dans la vie économique locale et son rôle essentiel à la fois dans la gestion de l’économie domestique et dans l’établissement de liens diplomatiques à la cour de Philippe II et Philippe III. Décrire la vie de femmes de la plus haute noblesse espagnole à Sanlúcar de Barrameda, chef lieu des territoires ducaux, permettra d’apporter une vision novatrice de la culture andalouse moderne et du dynamisme économique de ce port, longtemps sous-estimé et pourtant véritable porte d’accès de l’Amérique.

    Christophe Colomb : les enjeux historiographiques XVIe-XIXe siècles

    Silvia de Lima
    Louise Bénat-Tachot
    CHAC : Cultures et Histoire de l'Amérique Coloniale

    Los Borbones consagrados: Música y liturgia de Estado en las Capilla Reales de Madrid y Versalles (1745-1789)

    02 / 09 / 2013
    Luis López Morillo
    Araceli Guillaume-Alonso (CLEA 1- Paris Sorbonne) & Pablo Lorenzo Rodríguez (Universidad de la Rioja)
    CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique
    oui

    Cette thèse propose, pour la première fois, une approche pluridisciplinaire (historique, sociologique et musicologique) des rapports fonctionnels existant entre les genres musicaux interprétés dans les chapelles royales de France et d’Espagne à la fin de l’Ancien régime. Elle étudie leur rôle décisif dans le processus de construction de l’image publique de la monarchie au sein des cours des deux pays.

    Conçues par les contemporains comme de véritables spectacles, les cérémonies religieuses qui se déroulaient dans les chapelles royales des Bourbons ont célébré la musique, en France et en Espagne, en cela qu’elle exaltait leur sens politique. La chapelle comme scène sacrée ; la famille royale, les célébrants, la cour et les musiciens comme acteurs ; le cérémonial, enfin, comme scénario de ces grandes représentations politiques et religieuses : ce sont les trois grandes orientations qui soutiennent une analyse croisée des deux chapelles, dans lesquelles la musique sacrée, durant la seconde moitié du XVIIIe siècle, conforta une dramaturgie proche, parfois, de celle du théâtre musical contemporain.

    La puissance de l’image : la représentation de la mort dans le théâtre tragique espagnol du XVIème siècle

    15 / 07 / 2015
    Héctor Ruiz
    Mercedes Blanco
    LEMH : Littérature de l'Espagne et du monde hispanique au Siècle d'Or
    oui

    Ma thèse porte sur la tragédie espagnole sous le règne de Philippe II et ses rapports avec la culture visuelle contemporaine. J’étudie précisément une scène récurrente dans le genre tragique, qui appartient au dénouement et aux moments les plus pathétiques des pièces. Cette scène constitue une séquence où l’on dévoile un tableau vivant du cadavre : un récit ou une hypotypose prépare une image mentale truculente et terrible, puis cette image est dévoilée sur la scène, oè l’on voit le ou les personnage(s) tué(s) dans la tragédie ; ce dévoilement est suivi d’une réaction émotionnelle et somatique des personnages, relais du spectateur sur la scène, nous informant de l’efficacité de l’image et orientant la réception de celle-ci dans le cadre de la tragédie. Il s’agira de tenter de définir cette image de la mort que l’on dévoile, en faisant appel aux recherches des historiens de la littérature ainsi qu’à l’histoire de l’art et à l’anthropologie des images, afin de mieux comprendre le statut dans le texte théâtral des images sanglantes (mentales ou matérielles) et leur efficacité propre, afin de mieux comprendre celle de la tragédie.

    Penser la méthode dans l’Espagne du XVIe siècle : l’œuvre de Francisco Sánchez de las Brozas

    01 / 09 / 2011
    Sophie Singlard
    Mercedes Blanco
    LEMH : Littérature de l'Espagne et du monde hispanique au Siècle d'Or

    À la croisée de réflexions sur l’humanisme, la littérature et l’histoire des idées, ce travail envisage l’ensemble de l’œuvre de Sánchez de las Brozas (1523-1600) dit « Sanctius » ou « el Brocense », professeur de grec et de rhétorique à l’Université de Salamanque dans la seconde moitié du XVIe siècle. Il est l’auteur d’une grande variété de traités dans des domaines allant de la rhétorique à l’astronomie en passant par la grammaire et la dialectique. Le versant philosophique de son œuvre est celui qui a été le moins étudié. Or, la réflexion sur la méthode, transversale à tous ses travaux, est essentielle pour penser la nouvelle manière d’envisager le savoir et la connaissance à l’époque, en Espagne et en Europe. D’autre part, le contexte intellectuel de l’Université de Salamanque est fondamental pour comprendre la production et trajectoire du Brocense. Aussi, en plus d’un corpus qui réunit toutes ses œuvres imprimées et ses manuscrits, j’examine son implication et activité au sein de l’Université grâce aux documents conservés à l’Archivo de la Universidad de Salamanca.

    Musique et musiciens à la cour de Charles Quint. Etude socio-culturelle

    01 / 09 / 2009
    Louise Audubert
    Annie Molinié
    CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique

    L’analyse approfondie des vastes archives de la cour de Charles Quint (1500-1556) permet de retracer les activités musicales financées par ce prince de la Renaissance, à la fois Bourguignon par son père et Espagnol par sa mère, au cours d’un règne troublé et violent qui vit basculer l’héritage des ducs de Bourgogne dans l’orbite impériale des Habsbourg sur le trône d’Espagne. La première partie de cette étude détaille le contexte historique et musical du règne carolingien, ainsi que l’héritage culturel et institutionnel des règnes précédents, et tente de définir le goût musical de l’Empereur. Forte de ces éclaircissements, la seconde partie précise la vie musicale à la cour de Charles Quint, tant dans les activités palatines, que dans les manifestations des rites de la royauté et des rencontres politiques. Enfin, une histoire du fonctionnement institutionnel de cette vie musicale propose d’entrevoir les relations que les illustres chantres et compositeurs de la Chapelle ou les instrumentistes de l’Écurie et de la Chambre entretenaient avec leur employeur. Le tout est complété par un dictionnaire prosopographique consacré à quelques un des quatre cents musiciens de la cour mentionnés par la documentation, elle-même synthétisée ou publiée dans un volume d’annexes et de pièces justificatives.

    Les comédiennes-chanteuses à Madrid (1700-1767) : Étude socio-culturelle

    03 / 09 / 2007
    Caroline Bec
    Annié Molinié
    CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique
    oui

    Cette étude porte plus particulièrement sur les comédiennes-chanteuses, interprètes exclusives des opéras en langue espagnole qui fleurirent à la Cour comme dans les théâtres publics de Madrid pendant la première moitié du XVIIIe siècle. Les origines et divers aspects de la vie privée de ces cent vingt femmes, leurs répertoires et carrière, puis leur place dans la société madrilène, et plus largement espagnole, de l’époque sont analysés ici en détail.

    Processions et espace public à Madrid : enjeux de pouvoir (1561-1700)

    01 / 10 / 2008
    Emmanuelle Bruyère-Buvat
    Annie Molinié
    CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique

    L’établissement de la Cour à Madrid en 1561 et l’obtention de son nouveau statut de capitale des Espagnes transforment la configuration du système politique, économique et social sur lequel cette ville était jusqu’alors fondée. Le pouvoir royal se joint désormais aux instances municipales et ecclésiastiques dans l’organisation des fêtes religieuses accompagnées de processions de plus en plus somptueuses. Ces dernières deviennent très rapidement un objet de tensions entre les trois autorités madrilènes qui se reflètent au sein de l’espace public. L’examen d’un panorama global des processions madrilènes et de leur relation à l’espace rend compte à la fois des évolutions des dévotions religieuses et de celles de la ville elle-même, c’est-à-dire, de leur dynamique inscrite dans un tissu urbain en mouvement. Cette étude considère les aspects anthropologiques, économiques, sociaux et politiques des processions dont les enjeux sont susceptibles de modifier les équilibres institutionnels du Madrid des Habsbourg, de Philippe II à Charles II.

    Le protomédico et le contrôle des pratiques médicales dans le royaume de Castille au XVIe siècle (1477-1593)

    01 / 09 / 2008
    Marta Fernández Vidal
    Annie Molinié
    CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique

    Le mythe néo-visigothique dans la culture historique de l’Espagne médiévale (XIIe-XIIIe siècles)

    Gaël Le Morvan de Villeneuve
    Georges Martin
    SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

    Thèse soutenue le 29 juin 2013

    Mon travail de recherche porte sur les origines des royaumes de León et de Castille dans la culture historique de l’Espagne médiévale des XIIe-XIIe siècles. Il s’agit de saisir les fondements politiques de ces royaumes par l’analyse philologique d’un mythe fondateur qui a émergé et s’est construit au sein de la production historiographique du Nord péninsulaire : le mythe néo-wisigothique. Mythe de fondation, cette représentation historique soutient la thèse d’une continuité entre le royaume wisigothique de Tolède et les royaumes léonais et castillan. À l’occasion du récit des règnes de Witiza et de Rodrigue, les derniers rois wisigoths, et des batailles mythifiées du Guadalete et de Covadonga, les chroniqueurs manipulent le discours sur l’histoire et glissent des interpolations qui infléchissent le sens de leurs sources, parvenant à gommer toute solution de continuité entre Rodrigue et le premier restaurateur, Pélage. Ainsi, par un discours aux accents souvent providentialistes, les chroniqueurs contribuent à restaurer la patrie hispanique, que saint Isidore de Séville définit dans son œuvre, et à doter la communauté politique d’une éthique collective, de valeurs idéales et de modèles à imiter. Mes travaux de recherche proposent d’ailleurs une étude de la pensée politique développée par les grands penseurs wisigoths, Isidore de Séville, Jordanès et Julien de Tolède. En outre, c’est plus particulièrement l’apport de l’historiographie du point de vue de la sémiologie socio-historique que je souhaite mettre en lumière. Le mythe évolue en effet en fonction du contexte géopolitique et chaque chroniqueur interprète ses sources, surexploitant et politisant ce motif légendaire. Ces variations successives permettent de définir le mythe comme un système imaginaire qui révèle l’intentio des chroniqueurs ou de leurs commanditaires, comme une stratégie doctrinale du pouvoir et même comme le lieu d’un profond débat idéologique.

    Source de légitimité, le mythe est remployé au service des royaumes en construction au XIIe siècle dans l’Historia legionensis (dite silensis), la Chronica naiarensis et le Liber regum (ou Libro de las generaciones y linajes de los reyes) qui défendent la continuité ethnique et dynastique à León, la continuité idéologique en Castille et la continuité territoriale en Navarre. Au XIIIe siècle, le mythe bascule dans l’idéologie. L’Estoire d’Espagne d’Alphonse X le Sage hérite la vision historique du très léonais Chronicon mundi de Luc de Tuy et du très castillan De rebus Hispaniae de Rodrigue Jiménez de Rada, et lui associe la vision plus globale – et presque « nationale » – du Poema de Fernán González. Le roi Sage voit alors dans le mythe néo-wisigothique le moyen de légitimer ses prétentions impériales en Espagne et en Europe.

    Recherches sur les fournisseurs du palais royal à Madrid sous Charles II. Enjeux et significations des parures et de leurs acteurs

    05 / 09 / 2011
    Sandra MartinezSandra Martinez
    Araceli Guillaume-Alonso
    CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique
    oui

    Parmi les marchands, vendeurs, artisans, apprentis, corporations, qui approvisionnent Madrid et la cour en habits et parures au XVIIe siècle, se distinguent quelques personnages qui jouissent d’un statut très particulier : les fournisseurs du palais royal. La découverte de fonds d'archives inédits permet d'analyser la situation unique des fournisseurs, produit de stratégies personnelles qui les distingue de leurs corporations, et qui les place à l'intersection des institutions curiales et des corporations madrilènes, en faisant des intermédiaires privilégiés pour l'intégration des différents groupes de la Villa y Corte au moment où le roi s'installe définitivement à Madrid. D'autre part, l'étude des fournisseurs révèle la signification politique de la présence et de la parure du roi et de la reine.

    Le roman espagnol et l’Europe au XVIIe siècle. Regards sur le réel et projets littéraires.

    Pierre Nevoux
    Mercedes Blanco
    LEMH : Littérature de l'Espagne et du monde hispanique au Siècle d'Or

    Cette thèse a pour objet la représentation de l’Europe dans les romans espagnols du XVIIe siècle et en particulier de trois d’entre eux : le Persiles (1617) de Miguel de Cervantès ; l’Estebanillo González (1646), attribué à Gabriel de la Vega ; et le Criticón (1651-1657) de Baltasar Gracián. Ces récits ont la particularité d’investir de vastes étendues européennes, alors que la plupart des romans du Siècle d’Or – hormis les livres de chevalerie – tend à se resserrer sur le territoire ibérique. L’enjeu de ce travail est de montrer que cette extension européenne est indissociable de projets littéraires ambitieux. Loin de se borner à une fonction ornementale, la géographie choisie par le romancier fonde un positionnement vis-à-vis du champ littéraire et du contexte historique. Dans nos récits à échelle continentale, investir des contrées jusqu’alors inexplorées par le roman est une façon d’aborder des formes et des thèmes inédits ; et traverser les territoires de plusieurs genres permet de confronter diverses écritures et des visions du monde généralement dissociées. Corrélativement, cette étude cherche à montrer que l’existence de « romans européens » dans l’Espagne du XVIIe siècle est liée à l’émergence de l’Europe comme d’une réalité prégnante : un espace culturel partagé, en passe de se substituer à la Chrétienté médiévale des livres de chevalerie ; un échiquier géopolitique où est remise en question la suprématie habsbourgeoise ; en somme, un horizon décisif pour l’existence des Espagnols. Si le Persiles, l’Estebanillo et le Criticón développent une écriture originale, c’est aussi pour explorer l’histoire en cours et la réécrire en y projetant un imaginaire propre.

    Révolution sociale et renouveau politique à l’aube des Temps modernes

    Béatrice Perez
    Araceli Guillaume-Alonso
    CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique

    Dossier d'habilitation à diriger les recherches intitulé : Révolution sociale et renouveau politique à l’aube des Temps modernes

    Mémoire de recherches inédit intitulé : « Mercar barato y vender caro ». Les marchands sévillans aux premiers temps de la modernité : une société « inquiète » (XVe-XVIe siècle)

    Si le monde marchand se dit au singulier, la réalité dissimule une grande variété d’individus différents dans leurs ambitions et dans la façon de construire un patrimoine pérenne. Pourtant, une seule et même tension travaille la société marchande, conduisant l’élite vers les horizons maritimes lointains ; vers l’intérieur des terres où l’investissement se fait agressif dans les riches terres oléicoles. Comment comprendre cette tension sociale ? Quelle promotion garantit – ou ne garantit guère – le commerce ?
    La carrière du marchand sévillan est un chemin étroit que l’on suit longtemps et qui, dans certains cas, assoit solidement des prétentions sociales. Ce fut le cas des marchands compromis dans le commerce américain. Mais pour caractéristique que fut la force des gains outre-mer, ce négoce n’explique pas comment, ni pourquoi, certains intègrent ce monde nouveau dans leurs horizons commerciaux quand d’autres n’y parviennent pas. L'étude tente de montrer le rôle joué par les réseaux dans la promotion des hommes, la symbolique sociale assurée par la possession foncière et la capacité du marchand dynamique à intervenir dans tous les rouages commerciaux : de la régulation à la fonction d’intermédiaire, de la compagnie au prêt, du fret à l’assurance maritime. La réflexion traite de l’entreprise familiale et de l’aventure multirisque à partir d’une analyse statistique de la société sévillane aux premiers temps de la modernité. Les modalités commerciales sont observées à travers l’étude des contrats notariés, des chartes de compagnies, des représentants lointains ou des courtiers spécialisés. Les alliances entre les marchands, les réseaux, les patrimoines, les possessions constituent le coeur du livre. Toutefois, la réflexion engage à poser, en parallèle, la question de la place de l’individu dans la nouvelle économie monde et celle, plus délicate, de la part investie en Dieu et travaillant, pour l’éternité, à la paix de l’âme. C’est ainsi le sens de cette société inquiète, en mouvement économique et en gestation conceptuelle permanente.

    Un nouveau modèle d’épopée historique dans la Péninsule Ibérique : les œuvres d’Alonso de Ercilla et de Jerónimo Corte-Real (1569-1578)

    Aude Plagnard
    Mercedes Blanco
    LEMH : Littérature de l'Espagne et du monde hispanique au Siècle d'Or

    Peut-on lire l’épopée espagnole et l’épopée portugaise du seizième siècle indépendamment l’une de l’autre ? La présente étude montre qu’entre 1569 et 1589, l’Espagnol Alonso de Ercilla et le Portugais Jerónimo Corte-Real composèrent une série d’épopées au fil desquelles émerge une pratique commune et originale du genre. Étroitement liées aux Lusiades de Luís de Camões (1572), elles dessinent un modèle partagé de narration épique dans une étroite relation intertextuelle. Lues dans l’ensemble de la péninsule ibérique, ces épopées portugaises et espagnoles éveillèrent l’intérêt du public pour leurs sujets tirés de l’histoire récente. La comparaison avec les chroniques révèle une mimésis formelle, destinée à autoriser ces récits en vers en adoptant certains traits de l’histoire en prose. Mais le choix de l’épopée les rattache au traitement de la guerre et des conflits dans la longue histoire du genre. À l’instar de la tradition épique depuis Homère, elles reflètent les profonds changements qui accompagnent l’expansion territoriale espagnole et portugaise et la réunion des deux couronnes en 1580. Cette convergence des poètes autour de l’actualité de l’Ibérie moderne les place en situation de concurrence. Il en résulte une émulation affichée dans l’imitation de modèles communs – latins, le plus souvent – et dans la reprise de motifs caractéristiques de l’épopée dans lesquelles est chiffrée cette concurrence. En travaillant ces mêmes motifs, en se répondant d’un texte à l’autre, Ercilla, Corte-Real et Camões, forgent sur deux décennies un patron narratif ibérique qui rompt avec le modèle du Roland furieux avant que celui du Tasse ne s’impose dans la péninsule.

    Confesser, historier, gouverner dans l’Espagne médiévale (XIIIe–XVe siècle). Éditions et études de textes

    Hélène Thieulin-Pardo
    Georges Martin
    SEMH-SORBONNE : Séminaire d'Études Médiévales Hispaniques de Paris-Sorbonne

    Titre du dossier : « Confesser, historier, gouverner dans l’Espagne médiévale (XIIIe–XVe siècle). Éditions et études de textes »

    Titre de l’ouvrage inédit : « Libro de las generaciones y linajes de los reyes. Edición digital »

    HDR soutenue le 30 novembre 2013

     

    Mon dossier d’Habilitation à diriger des recherches explore deux pratiques des clercs médiévaux : d’une part, le contrôle des comportements et des consciences, et d’autre part, la représentation du passé. Un premier ensemble de travaux regroupe en effet les résultats des recherches que j’ai menées sur les manuels de confession des XIVe et XVe siècles et, à travers eux, sur le gouvernement des consciences par la pratique de la confession fréquente, imposée à tout l’Occident chrétien en 1215 par les directives du IVe concile du Latran. Mon ambition a été de saisir la façon dont l’Église péninsulaire avait accueilli les directives de Latran IV et de contribuer à une meilleure approche de l’histoire de la confession sur le territoire ibérique, de mesurer ses enjeux et son sens. Je me suis tout particulièrement intéressée aux moyens que le clergé avait mis en œuvre pour inciter les fidèles à se confesser régulièrement, et j’ai étudié les écrits, longtemps ignorés par les chercheurs, permettant aux confesseurs de conduire les examens de conscience. C’est à cette pédagogie de l’aveu, aux formes et aux stratégies du discours qui se font jour dans ces textes que j’ai consacré l’essentiel de mes travaux. Grâce à l’édition et à l’analyse du Confesionario, version abrégée au XVe siècle du Libro de las confesiones de Martín Pérez (1316) dont l’originalité, au sein du corpus envisagé, consiste en un examen de conscience ad status orienté essentiellement vers les activités commerciales et artisanales en milieu urbain, j’ai pu montrer comment les clercs contrôlent la conduite des fidèles et les pratiques propres à leur métier ou à leur fonction, ou du moins à leur place dans la société.

    L’interrogation sur le gouvernement des hommes a également, et simultanément du reste, orienté mes travaux vers une autre pratique des clercs, le discours historiographique et la représentation du passé. Ces études constituent le deuxième volet de mon dossier. Mes recherches sur l’historiographie royale et nobiliaire, tant latine que navarro-aragonaise et castillane, m’ont permis d’embrasser une période étendue, du XIIe au XVe siècle. Les thèmes abordés dans ces travaux – la représentation du modèle du bon gouvernant, le conseil féminin, les funérailles – m’ont conduite à sonder les procédés de détournement ou de remaniement qui gouvernent les textes, à analyser la réécriture et la réinvention du passéauxquelles le discours historique se livre, et dans certains cas à l’instrumentalisation dont il peut être l’objet. Je me suis efforcée d’interroger le contexte social et politique ainsi que les circonstances culturelles dans lesquels le discours historique était produit. C’est pourquoi j’ai également été conduite à explorer ponctuellement un autre champ du discours royal, le discours juridique.

      L’attention que j’ai portée aux écrits, à la lettre des textes, m’a engagée dans chacune des étapes de ce parcours à m’interroger sur la transmission même de ces textes. Une partie de mon activité de chercheur a donc été consacrée à la pratique éditoriale. Mon ouvrage inédit consiste en l’édition numérique multiple – offrant plusieurs approches, paléographique et critique – du Libro de las generaciones y linajes de los reyes, première généalogie historique écrite en langue vernaculaire en péninsule Ibérique dans les premières années du XIIIe siècle. Cette éditon est destinée non seulement aux historiens désireux d’accéder facilement au contenu du texte, mais également aux philologues et aux linguistes s’intéressant tout particulièrement aux premières manifestations de la langue vernaculaire en Navarre. 

    La flibuste à Saint Domingue (1684-1727) analyse d’un phénomène américain

    Giovanni Venegoni
    Louise Bénat-Tachot
    CHAC : Cultures et Histoire de l'Amérique Coloniale

    Membres du jury : Louise Bénat-Tachot (dir.), Jean Michel Sallmann (Paris X histoire), Serge Gruzinski (directeur de recherche CNRS/EHESS Stefano Magagnoli (dir.), Università degli Studi di Parma, Gian Luca Podestà, professeur, Università degli Studi di Parma, Marco Carboni, professeur, Università degli Studi di Bologna.

    Thèse soutenue le 16 juin 2014 . Mention très honorable avec les félicitations du jury à l’unanimité.

    Du potier au peintre d’azulejos : la genèse d’un art au temps des Philippe (1556-1668). Regards croisés sur les ateliers de Séville, Talavera de la Reina et Lisbonne

    01 / 09 / 2009
    Céline Ventura Texeira
    Annie Molinié
    CHECLA : Civilisation et histoire de l'Espagne classique
    oui

    De l’Alhambra au palais Fronteira, l’azulejo a transcendé les frontières et les siècles. Habillant les murs d’églises, de palais et de patios, il constitue non seulement une pratique ornementale représentative des goûts et des mentalités d’une époque mais aussi l’expression d’un savoir-faire développé par des faïenciers qui n’ont eu de cesse de perfectionner le geste et l’objet. Jamais appréhendé à la lumière du règne des Philippe, l’azulejo et ses artisans ont évolué au rythme des vicissitudes d’une époque mais aussi en fonction d’un contexte artistique synonyme d’échanges, de circulations et de transferts. Des difficultés économiques aux guerres dynastiques, l’azulejo a été conditionné dans sa matière et dans sa forme par les événements. La réunion des royaumes du Portugal et de Castille en 1580 engendra ainsi de nouvelles possibilités commerciales pour la production de ces carreaux de faïence mais aussi l’apport de nouvelles formules ornementales plus exotiques à l’origine d’un renouvellement des répertoires. La mise en regard des ateliers de Lisbonne, Talavera de la Reina et Séville fait ainsi émerger de nouvelles problématiques dans les processus de création de cet objet ornant et orné, et dans la définition de ces artisans désignés sous les expressions d’ollero, alfarero, malegueiro, maestro en azulejo, pintor de azulejos – une pratique en porte-à-faux entre les sphères artistiques et artisanales. L’alliance des perspectives historiques, culturelles et artistiques permet d’aborder les différentes facettes de l’azulejo, un art enraciné dans son temps et témoin d’échanges.