CHAC : Cultures et Histoire de l'Amérique Coloniale

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CHAC : Cultures et Histoire de l'Amérique Coloniale

Présentation

La dimension essentielle de notre activité de recherche consiste, sur la base de l’étude approfondie des documents produits à l’époque moderne par les royaumes ibériques, à discerner les connexions, les défis, les tensions ou les extrapolations qui ont configuré l’espace américain et les rapports aux sociétés amérindiennes, dans un processus de domination et d’intégration.

Notre domaine de recherche présente une forte cohérence : celle de l’historiographie et de la géopolitique des puissances ibériques des XVe-XVIe et XVIIe siècles (navigation, conquêtes, fondation des sociétés coloniales). Une des dimensions de nos travaux est l’exégèse voire l’édition critique des textes (par exemple la première partie de la Historia de las Indias de Francisco López de Gómara, 1552).

Axes de recherche

1. L’écriture de l’histoire (ou arte de historiar) et les questions épistémologiques qui ont présidé à la rédaction des chroniques des Indes. La période intègre l’ensemble des dynamiques d’expansion de la péninsule ibérique, soit l’histoire du XVe siècle du Portugal comme de la Castille et de l’Aragon. L’étude des chroniques américaines et asiatiques peut être développée soit sous l’angle des représentations des mondes indigènes, soit sous l’angle des processus de métissages et de l’accrochage des mondes, soit sous l’angle de l’histoire naturelle.

2. La navigation, les artes de navegar, la géographie, la cartographie et la nouvelle cosmographie : le processus de création d’une imago mundi qui est aussi une nouvelle conscience du monde à l’époque moderne, née de la mobilité des hommes et des objets.

Plusieurs « entrées » sont proposées : l’étude des routes des épices, les circulations qui lient les quatre « parties du monde» » ou encore l’intégration de l’espace asiatique (Chine, Japon, Insulinde) à partir de l’archipel philippin sous domination coloniale espagnole.

Peut-on définir, sur la base de ces espaces élargis, une modernité ibérique qui serait le laboratoire des processus d’américanisation à l’échelle continentale et globale ?

3. Il importe également de restaurer les liens culturels et historiographiques qui unissent la fin du XVe siècle et le XVIe siècle : ce raccordement des temps et des espaces doit permettre de reconstituer les logiques économiques, historiques et culturelles (souvent rompues par les divisions institutionnelles et les traditions universitaires) et de faire état à la fois des singularités de l’écriture de l’histoire des Indes et des liens puissants qu’elle entretient avec l’histoire médiévale et humaniste.

4. Nouvelles perspectives

  • Un concept que révèle l’étude des circulations et des processus de découvertes du continent américain à savoir le concept d’Amérique transversale qui naît en tension avec une inter océanité contrariée comme une quête aussi inaboutie que constamment renouvelée. La question du passage interocéanique a donc pris un relief particulier dans ce contexte globalisé des circulations planétaires qui mettent en tension les différentes nations d’Europe. Les espaces qui deviennent stratégiques sont donc le détroit de Magellan, la Floride, son extension septentrionale, l’isthme panaméen, le fleuve de l’Amazone etc.
  •  L’étude des espaces américains dans les chroniques et de leur « interprétation » a fait également émerger de nouveaux enjeux qui sont ceux de la géographie sacrée, associés à la question tardive (à partir de 1570) mais tenace de l’origine du peuplement de l’Amérique. Cette dimension de la sacralisation de la terre américaine en fait le creuset de l’utopie.
  •  Les grands fleuves américains : représentations et pratiques socioéconomiques.